60 jours sans visa, c’est fini : la nouvelle règle thaïlandaise expliquée aux Français

La Thaïlande a approuvé, le 19 mai 2026, la fin de l’exemption de visa de 60 jours dont bénéficiaient les Français depuis juillet 2024. Le retour au tampon de 30 jours à l’arrivée se prépare, mais la date exacte d’entrée en vigueur n’est pas encore publiée dans la Gazette royale au 26 juin 2026. Pour les voyageurs déjà sur place, rien ne change: leur tampon actuel reste valable.
30 jours au guichet, 60 au total avec l’extension
Concrètement, un passeport français posé sur le comptoir d’immigration donnera droit à un séjour de 30 jours. C’est la règle qui s’appliquait avant l’élargissement de juillet 2024, et c’est elle qui revient. Une extension unique de 30 jours supplémentaires reste possible, toujours auprès d’un bureau d’immigration thaïlandais, pour 1 900 THB.
Ainsi, la durée totale maximale sous exemption de visa restera de 60 jours. Mais il faudra cette fois deux démarches: entrer avec le tampon de 30 jours, puis demander la prolongation sur place avant l’échéance. Pour beaucoup de voyageurs, c’est un retour à la case départ.
Avant 2024, l’extension faisait partie du réflexe de quiconque prolongeait un séjour.
Qui est concerné et à partir de quand
La décision a été prise par le Cabinet thaïlandais le 19 mai 2026, selon les informations officielles relayées par les autorités. La règle entrera en vigueur 15 jours après sa publication dans la Royal Gazette, ce qui ne s’est pas encore produit à la date du 26 juin 2026. Impossible donc de donner un « jour J » ferme: les voyageurs doivent vérifier la publication avant tout départ.
La France figure parmi les pays concernés par ce retour à 30 jours. Les chiffres varient selon les sources: 54 pays d’un côté, 93 pays et territoires de l’autre. Pour un Français, la conséquence est identique: le tampon de 60 jours disparaît.
Pour les séjours déjà en cours au moment du changement, le tampon délivré à l’entrée reste valable dans sa durée initiale. Autrement dit, quelqu’un entré le 1ᵉʳ juin 2026 sous l’ancienne règle conserve ses 60 jours, peu importe la date de publication de la nouvelle.
Les seuils à connaître avant de partir
Plusieurs conditions encadrent ce séjour de 30 jours sans visa, et elles n’ont pas changé avec la réforme. Le passeport doit être valable au moins six mois après la date d’entrée. Le voyageur doit être en mesure de présenter une preuve de sortie du territoire avant l’expiration du 30ᵉ jour: billet aller-retour, réservation suivante, ou attestation.
S’ajoute une exigence de fonds financiers: 10 000 THB par personne, ou 20 000 THB par famille. En pratique, le contrôle reste aléatoire selon les points d’entrée. Mais mieux vaut pouvoir produire la somme en espèces ou sur un relevé bancaire récent.
Depuis le 1ᵉʳ mai 2025, la TDAC (Thailand Digital Arrival Card) est obligatoire. Elle se remplit en ligne sur le portail officiel de l’immigration dans les trois jours précédant l’arrivée. Oublier cette formalité peut compliquer l’embarquement ou l’entrée sur le territoire, même avec un passeport en règle.
Le paysage mondial des exemptions se redessine
La Thaïlande ne se contente pas de raboter la durée pour les Français. Le Cabinet a aussi restreint le visa à l’arrivée à quatre pays seulement: Inde, Serbie, Biélorussie et Azerbaïdjan, contre 31 auparavant. À l’inverse, une exemption de 15 jours a été introduite pour les Seychelles, les Maldives et Maurice, trois destinations de l’océan Indien.
Certains pays conservent une exemption de 90 jours, un régime plus favorable que jamais: Argentine, Brésil, Chili, Pérou et Corée du Sud. Pour un ressortissant de l’un de ces États, la Thaïlande reste un séjour long sans formalité.
Cette refonte traduit une orientation claire du ministère du Tourisme et des Sports, porté par Surasak Phancharoenworakul. Il s’agit d’arbitrer entre attractivité et contrôle, en ajustant les facilités selon les profils de voyageurs et les flux attendus.
Quel impact réel pour un Français sur place
La statistique clé à garder en tête: la durée moyenne de séjour d’un touriste étranger en Thaïlande tourne autour de neuf jours, Du ministère du Tourisme. Pour la majorité des visiteurs, un tampon de 30 jours suffira largement, et la réforme passera inaperçue.
La vraie rupture concerne trois profils: les voyageurs au long cours qui enchaînaient deux mois en exemption, les digital nomads et travailleurs à distance qui s’appuyaient sur le 60 jours renouvelable, et les retraités ou résidents temporaires dont le séjour dépasse désormais le seuil.
Pour ces cas, l’alternative devient le visa long séjour: visa touristique (TR), visa Non-Immigrant O pour la famille ou la retraite, DTV pour les digital nomads. Chacun obéit à ses propres conditions et justificatifs, et ouvre des droits différents en matière de travail, de durée et de renouvellements.
Une taxe d’atterrissage en discussion
En parallèle, un projet de frais d’atterrissage de 300 THB par personne circule, principalement pour les arrivées aériennes. Le montant reste modique, mais son instauration marquerait une première: la Thaïlande n’a jamais facturé l’entrée sur son territoire à ce niveau. Le dossier n’est pas encore arrêté.
Pour les voyageurs français, l’enchaînement est simple à anticiper: tampon de 30 jours à l’arrivée, TDAC remplie 72 heures avant, fonds et billet de sortie prêts, et un visa si le séjour dépasse deux mois. La règle du jeu redevient ce qu’elle était avant juillet 2024, avec les mêmes réflexes à reprendre.
Pour suivre la date exacte d’entrée en vigueur, consulter la fiche Thaïlande des conseils aux voyageurs et les communiqués officiels relayés par les autorités thaïlandaises. Les règles de séjour évoluent vite, et seule la source primaire fait foi.




