Permis de conduire en Thaïlande : échange ou international
Trois options pour conduire légalement en Thaïlande : permis international (Convention de Vienne 1968), permis FR seul, ou permis thaï DLT. Démarches, documents, coûts et erreurs à éviter en 2026.

Pour conduire un scooter en Thaïlande, un permis français seul ne suffit pas à établir que vous êtes autorisé à conduire. En visite, munissez-vous du permis national et du permis international, avec la catégorie moto adaptée au deux-roues. Si vous résidez en Thaïlande, demandez le permis thaï adapté. Une attestation française de formation 125 cm³ ne devient pas un permis international.
Pour conduire légalement en Thaïlande de façon durable, vous avez trois options. Voici lesquelles, avec les démarches précises pour chacune.
1. Les trois options pour conduire légalement en Thaïlande
Option 1 — Permis international français (Convention de Vienne 1968)
C’est la solution la plus simple pour un séjour temporaire ou les premiers mois d’expatriation. Le permis international délivré par les préfectures françaises est reconnu en Thaïlande au titre de la Convention de Vienne sur la circulation routière (1968), ratifiée par les deux pays.
- Validité : 3 ans à compter de la date de délivrance (mais limité à la durée du permis français).
- Reconnaissance en Thaïlande : valable typiquement 1 an sur le sol thaï à compter de l’entrée sur le territoire, toujours accompagné du permis français original. Le permis international seul n’est pas valable.
- Démarche en France : demande gratuite via la plateforme officielle de l’ANTS (
permisdeconduire.ants.gouv.fr). Délai 4 à 8 semaines en moyenne. - Documents : photocopie du permis français, photo d’identité, justificatif de domicile, formulaire spécifique.
À faire avant le départ. La demande depuis l’étranger est possible mais bien plus longue (passage par le consulat).
Option 2 — Permis français seul (sans international)
Pour un visiteur, gardez avec vous le permis français et le permis international correspondant. Pour un scooter ou une moto, vérifiez que la catégorie portée sur le permis couvre le véhicule : un permis de catégorie voiture ne suffit pas à autoriser la conduite d’un deux-roues motorisé.
Si vous résidez en Thaïlande, les conseils officiels destinés aux résidents indiquent de détenir un permis thaï. L’attestation de formation française pour conduire une 125 cm³ reste valable sur le territoire français et ne remplace ni le permis international ni la catégorie moto requise en Thaïlande.
Option 3 — Permis de conduire thaïlandais
C’est la solution propre pour tout résident qui restera plus de 6 mois en Thaïlande, et le seul moyen d’obtenir une couverture d’assurance auto sans contestation. Délivré par le Department of Land Transport (DLT).
- Validité : 2 ans pour le premier permis (renouvelable en permis 5 ans ensuite).
- Reconnaissance : valable en Thaïlande et dans les pays signataires de la convention 1968 sous réserve d’un permis international thaï complémentaire pour l’étranger.
- Coût total : environ 400 à 600 baht (~10 à 15 EUR) tout compris.
C’est l’option recommandée pour tout titulaire d’un visa long terme.
2. Détail : obtenir le permis international français avant le départ
Pour les futurs expatriés ou les voyageurs longs séjours, demander le permis international avant le départ reste la stratégie la plus simple. Mode opératoire :
- Connectez-vous sur
permisdeconduire.ants.gouv.fr. - Cliquez sur « Demander un permis international ».
- Téléversez : copie recto/verso du permis français, photo d’identité aux normes, justificatif de domicile de moins de 6 mois.
- Validez.
- Recevez sous 4 à 8 semaines (parfois plus en haute période) le permis international par voie postale.
Coût : gratuit. Validité : 3 ans, mais ne dépasse pas la validité du permis français original. À conserver précieusement avec votre permis français : les deux documents doivent voyager ensemble.
Si vous êtes déjà en Thaïlande sans permis international, vous pouvez le demander via le service consulaire de l’ambassade de France à Bangkok ou rentrer brièvement en France. Comptez plusieurs mois.
3. Obtenir le permis thaïlandais (DLT) : la procédure
C’est la démarche que doit accomplir tout résident sérieux. Elle se déroule au Department of Land Transport de votre province de résidence.
Documents requis
- Passeport original + copies des pages d’identité, du visa en cours et du dernier tampon d’entrée.
- Certificat de résidence (residence certificate). Obtenu :
- soit auprès du bureau d’Immigration de votre province (gratuit ou ~500 baht selon les bureaux),
- soit auprès de l’ambassade ou du consulat de France à Bangkok (plus rapide, payant, ~30 EUR),
- délivré sur présentation d’un bail, d’une facture ou d’un justificatif de résidence.
- Certificat médical datant de moins d’un mois, délivré par un médecin thaï (souvent obtenu en clinique pour 100 à 300 baht). Atteste que vous êtes apte physiquement à conduire (vue, absence de troubles invalidants).
- Permis français original + permis international (recommandé pour bénéficier de l’équivalence sans test pratique).
- 2 photos d’identité format thaï (4×6 cm), souvent prises sur place.
Tests à passer au DLT
Trois tests, généralement en demi-journée :
- Test visuel : daltonisme, perception des couleurs (rouge, jaune, vert), profondeur (binoculaire).
- Tests de réflexes : freinage à la lumière, coordination simple. Très accessibles.
- Test de code (théorique) : QCM de 30 à 50 questions, disponible en thaï, anglais, parfois chinois ou japonais. Le français est rarissime.
Si vous présentez un permis international en cours de validité, le test pratique de conduite est généralement dispensé. Sans permis international, certains bureaux exigent une épreuve pratique de quelques minutes.
Coûts
- Frais administratifs DLT : ~250 baht (~6,50 EUR).
- Frais photos / documents : ~100 baht.
- Certificat médical : 100 à 300 baht.
- Certificat de résidence : 0 à 500 baht (Immigration) ou ~30 EUR (consulat français).
- Total : 400 à 600 baht (~10 à 15 EUR) hors certificat consulaire.
Durée
Premier permis valable 2 ans. Au renouvellement (à effectuer avant expiration), il devient un permis 5 ans. Renouvellement simplifié : test visuel rapide, frais administratifs minimes.
4. Erreurs courantes à éviter
- Laisser expirer son permis français pendant l’expatriation. Si votre permis français expire (cas rare mais possible pour les permis B délivrés avant 1975 sans renouvellement), votre permis thaï délivré sur équivalence peut être contesté. Surveiller la date d’expiration française.
- Oublier le certificat de résidence. C’est le document numéro 1 qui bloque les demandes. Anticiper deux semaines avant la visite au DLT.
- Sous-estimer le test visuel. Daltonisme léger ou astigmatisme non corrigé peuvent recaler. Venir avec ses lunettes correctrices, signaler tout traitement ophtalmologique.
- Confondre permis international et permis thaï. Le permis international est une traduction officielle ; il n’est valable qu’avec le permis original français et seulement 1 an en Thaïlande. Au-delà : permis thaï obligatoire.
- Conduire sans permis valide en cas d’accident. Conséquences : amende (souvent 500 à 1 000 baht), perte de la garantie d’assurance, complications en cas de blessures de tiers (responsabilité personnelle non couverte).
5. Conduire en Thaïlande : règles spécifiques et assurance
Quelques règles de circulation à connaître
- Conduite à gauche (héritage britannique).
- Casque obligatoire en moto/scooter (contrôles fréquents à Bangkok et Pattaya).
- Alcoolémie maximale : 0,5 g/L de sang (équivalent France).
- Limites de vitesse : 80 km/h hors agglomération, 90 à 120 km/h sur autoroute selon les sections.
- Téléphone au volant : interdit, amende ~400 à 1 000 baht.
- Ceinture obligatoire à l’avant (et de plus en plus contrôlée à l’arrière sur les axes principaux).
Assurance auto
Deux niveaux à comprendre :
- Por Ror Bor (CTPL) : assurance au tiers obligatoire, couvre les blessures corporelles des tiers à hauteur d’un plafond modeste (~30 000 à 80 000 baht). Insuffisante seule.
- Assurance « Class 1 » : couverture tous risques. Recommandée pour toute voiture personnelle. Coût annuel : 15 000 à 35 000 baht selon véhicule et profil. Vérifier la mention du permis valide dans les conditions générales.
Le secteur est régulé par l’Office of Insurance Commission (OIC). En cas de litige, l’OIC peut être saisi pour conciliation.
Que faire en cas d’accident ?
- Sécuriser, ne pas déplacer le véhicule (sauf urgence).
- Appeler immédiatement le 1669 (urgences médicales) ou le 191 (police).
- Contacter votre assurance qui dépêche un agent sur place (souvent en moins de 30 minutes en zone urbaine).
- Ne rien signer en thaï sans traduction, ne pas reconnaître de responsabilité prématurément.
- En cas de blessures, conserver tous les justificatifs médicaux pour l’assurance.
Louer un scooter en Thaïlande : que vérifier avant de prendre les clés ?
Le permis, l’assurance et l’état du scooter sont trois vérifications différentes. Avant de partir, prenez le temps de les faire avec le loueur et de garder une trace de ce qui a été convenu.
La catégorie de votre permis correspond-elle au scooter ?
Ne vous fiez pas au seul mot « scooter ». Demandez le modèle et ses caractéristiques, puis vérifiez que la catégorie inscrite sur vos titres de conduite couvre bien ce deux-roues. En cas de doute, ne partez pas et faites confirmer votre situation par le Department of Land Transport (DLT) ou votre assureur. Les options de permis évoquées plus haut dans cet article ne remplacent pas cette vérification pour le véhicule précis.
Que couvre réellement l’assurance ?
Demandez à consulter les documents d’assurance correspondant au scooter loué et vérifiez qu’ils concernent bien ce véhicule. Lisez aussi les conditions de votre assurance voyage : demandez explicitement si la conduite de ce type de deux-roues est couverte avec votre permis, et quelles limites, exclusions ou franchises s’appliquent. Ne déduisez pas d’une caution ou d’une formule « tout est assuré » que vos dommages, ceux du scooter et vos soins sont tous pris en charge.
Que regarder sur le scooter avant de signer ?
Faites le tour du véhicule à l’arrêt avec le loueur : regardez les pneus, les freins, les feux, les clignotants, les rétroviseurs et le casque fourni. Si un élément vous semble endommagé ou défectueux, demandez un autre véhicule ou renoncez à la location. Photographiez les dégâts déjà présents, l’immatriculation et le compteur, puis faites-les noter sur le document de départ et gardez-en une copie.
Faut-il laisser son passeport ou payer une caution ?
Avant de signer, faites préciser par écrit le montant de la caution, les conditions de restitution et les retenues possibles. Gardez une copie du contrat et des justificatifs. Évitez de remettre votre passeport original en garantie : si le loueur l’exige, cherchez une autre solution ou un autre prestataire. Pour les vérifications propres à la voiture de location, consultez aussi notre guide sur la location de voiture en Thaïlande : permis, assurance et dépôt.
Sources à consulter
Les formalités dépendent de votre permis, de votre statut et du scooter concerné. Vérifiez chaque point auprès de l’organisme compétent avant la location, et demandez une confirmation écrite à l’assureur lorsque la couverture n’est pas claire.
- Permis international en France : consultez France Titres (ANTS), dans la démarche de permis international. Vérifiez les pièces et les délais affichés avant de déposer la demande, ainsi que la catégorie moto portée sur votre permis français.
- Permis thaïlandais : contactez le bureau provincial du Department of Land Transport (DLT). Demandez la liste à jour des pièces et des étapes pour la catégorie motocyclette, selon votre situation de séjour et votre permis actuel. Faites confirmer si votre démarche relève d’une première délivrance ou d’une autre procédure.
- Assurance obligatoire du véhicule (Por Ror Bor) : demandez au loueur les documents correspondant à l’immatriculation du scooter et leurs dates de validité. Pour une question sur ce régime, adressez-vous à l’Office of Insurance Commission (OIC), le régulateur thaïlandais des assurances. Cette couverture ne signifie pas que les dégâts du scooter loué ou vos soins sont intégralement pris en charge.
- Casque et contrôles : consultez les consignes de sécurité routière du portail officiel Thailand.go.th. Pour une règle ou un contrôle local, vérifiez auprès du DLT ou de la police locale. Prévoyez un casque adapté et attaché pour le conducteur comme pour le passager.
6. FAQ
Quel permis faut-il pour louer un scooter en Thaïlande ? En visite, présentez votre permis national et le permis international, et vérifiez que la catégorie moto correspond au scooter. Pour une résidence en Thaïlande, le permis thaï adapté est requis ; une attestation française de formation 125 cm³ ne vaut pas permis international.
Combien de temps pour obtenir le permis thaï ? Une demi-journée au DLT suffit si vous arrivez avec le dossier complet (passeport, certificat résidence, certificat médical, permis FR + international, photos). Si l’un des documents manque, comptez plusieurs visites.
Mon permis FR est-il échangé contre un permis thaï ? Non, il n’y a pas d’échange au sens administratif : le permis français reste valide en France. Vous obtenez un permis thaï complémentaire, sans renvoi du permis FR original.
Puis-je conduire en France avec mon permis thaï ? Le permis thaï seul n’est pas reconnu en France au-delà d’une période courte. À votre retour, vous reprenez votre permis français (qui n’a pas été retiré). Pour un autre pays signataire, demandez un permis international thaï.
Que vaut le permis thaï en Europe ? Reconnu sous condition (Convention de Vienne 1968) avec un permis international thaï complémentaire. Pour un long séjour en Europe, repasser un permis local reste la solution la plus claire.




