Voyages de groupes chinois au Japon : ce que la Thaïlande sait réellement

La Thaïlande n’a reçu aucune confirmation officielle d’un assouplissement chinois sur les voyages de groupes vers le Japon. Des forfaits pour juillet et août ont bien été mis en vente par des agences chinoises, mais certaines commercialisations auraient ensuite été suspendues.
L’information reste donc incomplète. Aucun retour massif des groupes chinois vers le Japon ne peut être présenté comme acquis sur la seule base de ces forfaits.
Le Japon reste sous restrictions depuis novembre 2025
Les restrictions sur les voyages organisés chinois vers le Japon avaient été instaurées à partir de novembre 2025. Elles ont pesé sur les liaisons : le nombre de vols Chine-Japon avait diminué de plus de 55 % pour l’été.
La TAT, l’autorité thaïlandaise du tourisme, suit donc ce dossier sans annoncer de changement confirmé. Pattaraanong Na Chiangmai, vice-gouverneure chargée du marketing international pour l’Asie et le Pacifique Sud, participe à cette veille.
Le Japon avait tout de même accueilli 1,7 million de touristes chinois durant les cinq premiers mois de 2026. Cela représentait une baisse de 52 % par rapport à l’année précédente.
Le marché chinois au Japon restait en retrait sur cette période. Les forfaits commercialisés ne suffisent pas à prouver que les restrictions ont disparu.
Pourquoi Bangkok regarde ce mouvement de près
La question touche directement les objectifs thaïlandais pour 2026. La TAT espérait recevoir 6,73 millions de visiteurs chinois, mais l’objectif cité comme le plus réaliste se situe autour de 5 millions.
L’écart n’est pas anodin. Il reflète un marché que la Thaïlande cherche encore à faire revenir après la baisse enregistrée en 2025.
Cette annee-la-là, les arrivées chinoises avaient chuté de 33,5 %, à 4,47 millions. Au 20 juin, la Thaïlande comptait pourtant une progression de 17 %, avec 2,5 millions de visiteurs chinois.
La hausse observée au 20 juin existe, mais elle ne transforme pas l’objectif de 5 millions en résultat garanti. Siriges-a-nong Trirattanasongpol, directrice exécutive de la région Asie de l’Est à la TAT, travaille sur cette zone où chaque évolution des vols et des groupes compte.
Des forfaits vers le Japon, mais aucune bascule confirmée
Des agences chinoises ont proposé des séjours au Japon pour juillet et août. Certaines ventes auraient été arrêtées ensuite, ce qui laisse une situation mouvante plutôt qu’une réouverture nette.
La prudence de la TAT est justifiée. Sans confirmation officielle chinoise, annoncer un transfert massif des voyageurs vers le Japon reviendrait à transformer une offre commerciale en décision publique.
Pour un Français installé en Thaïlande, cette nuance aide à éviter les conclusions rapides sur les flux de visiteurs. Les chiffres thaïlandais et japonais décrivent une période donnée, mais ils ne permettent pas d’annoncer seuls la suite de l’année.
Le sujet reste celui des voyages de groupes, pas de l’ensemble des déplacements chinois. Ces éléments ne prouvent pas qu’un voyage individuel ou qu’une intention de départ équivaut à un assouplissement des restrictions.
Pour les Français, les règles d’entrée restent un dossier séparé
Les conditions d’entrée des Français en Thaïlande ne dépendent pas de cette situation entre la Chine et le Japon. Depuis le 15 juillet 2026, le gouvernement thaïlandais a annoncé une mesure révisée prévoyant une exemption touristique de 30 jours pour 59 pays et territoires, dont les 27 États membres de l’Union européenne.
Cette annonce doit être distinguée de la règle antérieure, en vigueur depuis le 15 juillet 2024, qui permettait à un Français muni d’un passeport ordinaire de séjourner jusqu’à 60 jours pour le tourisme sans visa. La règle applicable doit être vérifiée avant le départ, plutôt que de se fier à une discussion sur les arrivées chinoises.
Quels documents peuvent être demandés à l’arrivée ?
Le passeport doit rester valable au moins 6 mois à compter de l’entrée. Les services d’immigration peuvent aussi demander l’équivalent de 20 000 THB par personne en espèces.
Au-delà de 60 jours, un visa est obligatoire et les visas touristiques sont délivrés par les consulats thaïlandais à l’étranger. Par voie terrestre, l’exemption sans visa est limitée à 2 passages par an, alors que cette limite ne vise pas les entrées aériennes.
La carte d’arrivée numérique reste requise
Depuis le 1er mai 2025, tout ressortissant étranger doit remplir la TDAC avant une arrivée par air, terre ou mer. Elle peut être déposée dans les trois jours précédant l’arrivée, jour d’entrée compris, et au maximum 72 heures avant celle-ci.
Elle ne vaut que pour une entrée. À chaque nouvelle arrivée, un nouveau dépôt est nécessaire.
La concurrence entre destinations se mesure dans les vols, les objectifs et les arrivées, mais elle ne remplace jamais une règle d’entrée. Pour la Thaïlande, le dossier japonais reste suspendu à une confirmation chinoise. Le document utile est celui qui correspond à la propre date d’arrivée.




