Les impôts en Thaïlande touchent-ils vraiment tous les Français expatriés ?
Impôts en Thaïlande 2026 : qui est résident fiscal, quel barème s'applique, et pourquoi vos revenus français peuvent désormais être imposés là-bas.

Un Français qui rapatrie des revenus étrangers en Thaïlande peut devoir les déclarer au fisc local, même s’il s’agit d’une pension française ou d’un salaire versé en Europe. La règle appliquée depuis le 1er janvier 2024 a bousculé les certitudes de nombreux expatriés.
En résumé : la Thaïlande applique un barème progressif de 0 % à 35 % sur le revenu imposable, la résidence fiscale commence à 180 jours passés dans le royaume sur l’année civile, et les revenus étrangers transférés sur place deviennent en principe imposables pour un résident fiscal. La convention franco-thaïlandaise vise à éviter la double imposition, mais elle ne dispense pas de déclarer.
Qui doit payer des impôts en Thaïlande ?
La règle de base tient en une phrase : est redevable de l’impôt sur le revenu thaïlandais quiconque perçoit un revenu de source thaïlandaise, résident ou non. La différence se joue sur les revenus étrangers. Un résident fiscal, celui qui passe 180 jours ou plus en Thaïlande entre le 1er janvier et le 31 décembre, est en principe imposable sur ses revenus étrangers dès lors qu’ils sont transférés ou utilisés sur place.
Un non-résident, lui, est surtout concerné par ses revenus de source thaïlandaise.
Concrètement, cela concerne plusieurs profils installés à Bangkok, Chiang Mai ou Pattaya : le salarié détaché d’une entreprise française, le retraité qui vit sur sa pension, le freelance qui facture des clients à l’étranger ou l’entrepreneur qui a monté une société locale. Le traitement dépend de la nature de leurs revenus et de leur situation fiscale.
Quand cette règle ne s’applique pas
Une personne qui séjourne moins de 180 jours en Thaïlande n’acquiert pas, sur cette seule base, le statut de résident fiscal thaïlandais. Elle peut néanmoins rester imposable sur ses revenus de source thaïlandaise. Le visa LTR ne constitue pas une exonération générale : ses effets fiscaux dépendent des conditions propres au statut obtenu. Vérifier sa résidence fiscale et la nature des revenus concernés reste indispensable avant toute déclaration.
- ▸Les revenus de source thaïlandaise peuvent être imposables pour un résident comme pour un non-résident.
- ▸Un résident fiscal passe 180 jours ou plus en Thaïlande entre le 1er janvier et le 31 décembre.
- ▸Les revenus étrangers transférés ou utilisés en Thaïlande sont en principe imposables pour un résident fiscal.
- ▸La situation doit être vérifiée selon l’origine et la nature de chaque revenu.
Le barème de l’impôt sur le revenu thaïlandais
Le barème progressif applicable en 2026 comporte huit tranches, de 0 % à 35 %. Sur le revenu net imposable annuel, en bahts thaïlandais (THB) :
- 0 à 150 000 THB : 0 %
- 150 001 à 300 000 THB : 5 %
- 300 001 à 500 000 THB : 10 %
- 500 001 à 750 000 THB : 15 %
- 750 001 à 1 000 000 THB : 20 %
- 1 000 001 à 2 000 000 THB : 25 %
- 2 000 001 à 5 000 000 THB : 30 %
- Au-delà de 5 000 000 THB : 35 %
Chaque tranche s’applique uniquement à la part de revenu qui s’y trouve, et non à la totalité.
Le transfert des revenus étrangers en Thaïlande
Pour un Français installé en Thaïlande, le point essentiel concerne les revenus gagnés à l’étranger. Depuis la règle appliquée au 1er janvier 2024, ils sont en principe imposables lorsqu’ils sont transférés ou utilisés en Thaïlande, si leur bénéficiaire est résident fiscal. Les revenus conservés à l’étranger ne sont pas traités de la même façon à ce stade.
Un retraité qui perçoit sa pension française sur un compte en France, puis en vire une partie sur son compte thaïlandais pour vivre sur place, doit donc examiner cette règle une fois le statut de résident fiscal acquis. Le recours à une plateforme de transfert ne change pas, à lui seul, la nature fiscale du revenu concerné.
| Profil | Statut de résidence | Revenus concernés depuis 2024 | Vigilance particulière |
|---|---|---|---|
| Retraité vivant en Thaïlande à l’année | Résident fiscal (180 jours et plus) | Pension française transférée sur place | Vérifier le traitement de la pension dans la convention franco-thaïlandaise |
| Salarié détaché, revenus gardés à l’étranger | Résident fiscal | Revenus étrangers transférés ou utilisés en Thaïlande | Conserver les justificatifs des revenus et des transferts |
| Freelance facturant des clients étrangers | Résident fiscal si 180 jours et plus | Revenus étrangers transférés pour les dépenses courantes | Distinguer revenus professionnels et épargne déjà constituée |
| Détenteur d’un visa LTR Wealthy Global Citizen | Résident fiscal selon sa présence effective | Traitement à vérifier selon les conditions du visa | Ne pas assimiler le visa à une exonération générale |
Comment déclarer ses impôts en Thaïlande
La déclaration de l’impôt sur le revenu se fait au printemps suivant l’année concernée, avec des formulaires comme le PND 90 ou le PND 91 selon le profil du déclarant.
La date exacte de dépôt peut varier selon le mode choisi, papier ou électronique, et selon le profil du contribuable.
Ce qu’il faut vérifier avant de déclarer
La déclaration thaïlandaise se vérifie toujours deux fois, notamment pour rattacher chaque revenu à la bonne catégorie. Un freelance qui coche la mauvaise case ou oublie de distinguer revenu professionnel et épargne déjà constituée risque de devoir reprendre son dossier. Pour une situation complexe, faire relire la déclaration par un comptable local habitué aux dossiers d’expatriés reste prudent.
Convention fiscale France-Thaïlande : éviter la double imposition
La convention fiscale entre la France et la Thaïlande vise à éviter qu’un même revenu soit taxé deux fois. Elle précise, catégorie de revenu par catégorie de revenu, quel pays peut imposer en priorité et prévoit des mécanismes destinés à tenir compte de l’impôt déjà payé ailleurs.
Cette convention ne dispense pas de vérifier les obligations déclaratives thaïlandaises lorsqu’une personne est résidente fiscale et que la règle sur les revenus étrangers s’applique. Un Français qui perçoit des revenus en euros et les transfère régulièrement en Thaïlande doit donc examiner les deux systèmes fiscaux. Le traitement dépend notamment de la nature du revenu et des dispositions conventionnelles applicables.
L’articulation entre les deux administrations reste, en pratique, une démarche qui se construit dossier par dossier. Un salarié en contrat local thaïlandais n’a pas le même parcours qu’un retraité qui perçoit une pension de source française : le premier relève avant tout du droit thaïlandais, tandis que le second doit aussi examiner les règles conventionnelles applicables à sa pension.
Points de vigilance pour les expatriés français
La résidence administrative liée au visa ne doit pas être confondue avec la résidence fiscale, qui dépend du nombre de jours passés dans le royaume. Un visa non-immigrant valable un an ne fait pas automatiquement de son titulaire un résident fiscal thaïlandais s’il ne passe pas les 180 jours requis.
Certains expatriés cherchent à contourner la fiscalité locale via des structures immobilières complexes. Cette approche doit être maniée avec prudence, car les montages immobiliers à risque juridique peuvent entraîner des conséquences qui dépassent le seul terrain fiscal.
Voici les points à contrôler avant toute déclaration ou tout transfert de fonds important :
- Compter précisément le nombre de jours passés en Thaïlande sur l’année civile pour déterminer le statut de résident fiscal.
- Distinguer, dans chaque virement entrant, la part de revenu professionnel et la part d’épargne déjà existante.
- Vérifier si le revenu transféré relève d’une catégorie couverte par la convention franco-thaïlandaise.
- Conserver une trace écrite de la date et de l’origine de chaque transfert vers un compte thaïlandais.
- Solliciter un comptable local pour les situations impliquant plusieurs sources de revenus ou une société.
Les questions que se posent la plupart des expatriés en Thaïlande
Faut-il déclarer si on reste moins de 180 jours par an en Thaïlande ?
En dessous de ce seuil, le statut de résident fiscal thaïlandais n’est pas acquis sur ce seul critère. L’imposition peut néanmoins porter sur les revenus de source thaïlandaise.
Un virement depuis un compte français est-il automatiquement taxé en Thaïlande ?
Pas automatiquement. Il faut d’abord déterminer le statut de résidence fiscale, puis la nature et l’origine du montant transféré. Une épargne déjà constituée ne se traite pas nécessairement comme un revenu courant transféré la même année.
La convention fiscale suffit-elle à éviter toute double imposition ?
Elle réduit le risque, sans l’éliminer automatiquement. Les mécanismes prévus dépendent de la catégorie de revenu concernée. Une vérification au cas par cas reste nécessaire avant de considérer le sujet clos.
Ce que la prudence fiscale change concrètement au quotidien
La fiscalité thaïlandaise pour un résident français ne se résume pas à un simple calcul de barème. Le nombre de jours passés dans le royaume, l’origine de chaque virement et la catégorie du revenu concerné comptent également. Pour les dossiers qui sortent d’une situation standard, l’appui d’un comptable habitué aux expatriés reste prudent avant toute déclaration au printemps suivant l’année concernée.




