Tourisme et consommation repartent, mais l’industrie thaïlandaise freine encore

Avec +2,8 % au premier trimestre 2026, l’économie thaïlandaise a mieux démarré l’année que ne le laissait prévoir la croissance de 2025. Mais la prévision annuelle reste basse, entre +1,5 % et +2,5 %, tandis que l’industrie envoie des signaux contradictoires.
Pour les Français installés en Thaïlande, le tableau est donc moins simple qu’un retour de l’activité. La consommation et le tourisme soutiennent le pays, mais l’endettement et le ralentissement manufacturier pèsent encore sur la trajectoire.
Le PIB ralentit depuis 2024, malgré un premier trimestre solide
Le PIB a progressé de 2,4 % en 2025, après 2,9 % en 2024. L’économie représentait 577 milliards de dollars en 2025, ce qui donne la mesure d’un marché large, mais dont le rythme s’est tassé.
Au premier trimestre 2026, la hausse atteint 2,8 % sur un an et 0,7 % d’un trimestre à l’autre, après correction des variations saisonnières. Ce rebond ne suffit pas à effacer la prudence des prévisions pour l’ensemble de l’année.
À fin avril 2026, la Bank of Thailand prévoyait une croissance de 1,5 %. Le 20 mars 2026, la Banque mondiale indiquait pourtant que cette prévision avait été relevée de 1,5 % à 1,9 %, signe que les estimations restent mouvantes.
Le pays avance, mais sans accélération franche. La fourchette du NESDC, de 1,5 % à 2,5 %, laisse une marge large entre reprise modeste et amélioration plus nette.
Exportations en hausse, usines encore sous surveillance
Les exportations de biens ont augmenté de 23,3 % sur un an. En volume, elles avaient déjà progressé de 11,9 % en 2025, contre 4,4 % en 2024.
Ces chiffres soutiennent l’activité extérieure, mais l’industrie ne raconte pas une histoire aussi nette. La Banque mondiale fait état d’une hausse de 1,5 % de la production manufacturière sur un an, alors qu’une autre source relève un recul de 0,8 % en mai.
La divergence mérite d’être regardée avec prudence. Elle peut refléter des périodes ou des méthodes différentes, mais elle interdit de présenter l’industrie comme pleinement repartie.
Pour vous qui travaillez avec des fournisseurs, des clients ou des ateliers locaux, les exportations progressent fortement, tandis que la production reste sous pression. Le commerce extérieur ne garantit pas, à lui seul, un redémarrage homogène des usines.
Consommation privée et tourisme ne retrouvent pas leur rythme de 2024
La consommation privée a augmenté de 2,7 % en 2025, après 4,4 % l’année précédente. Elle continue donc de soutenir l’économie, mais moins vite.
Le tourisme suit la même pente. La Thaïlande a accueilli 32,9 millions de visiteurs internationaux en 2025, contre 35,5 millions en 2024.
Les arrivées chinoises ont toutefois bondi de 82,4 % sur un an en février. Ce mouvement peut aider les secteurs liés aux visiteurs, mais il ne gomme pas à lui seul le recul du total annuel observé entre 2024 et 2025.
Les dépenses privées et les visiteurs restent des appuis, mais ils n’ont pas retrouvé leur cadence antérieure. Le redémarrage dépend donc aussi d’autres moteurs.
Investissement en hausse, mais les dettes limitent la marge de manœuvre
L’investissement total a progressé de 4,9 % en 2025. L’investissement public a gagné 8,9 % et l’investissement privé 3,5 %, pendant que les investissements directs étrangers ont atteint 18,8 milliards de dollars, en hausse de 38,8 % sur un an.
Cette progression donne du soutien à l’activité. Elle reste pourtant entourée de contraintes financières lourdes pour l’économie domestique.
La dette publique atteignait 66,1 % du PIB à fin 2025, sous le plafond légal de 70 % mentionné par le FMI. La dette des ménages représentait, elle, 86,8 % du PIB.
Les investissements montent, mais la capacité des ménages à consommer davantage reste fragilisée par leur endettement. La baisse du taux directeur à 1,00 %, après 1,50 point de réduction entre octobre 2024 et février 2026, cherche aussi à desserrer cette contrainte.
Pourquoi l’inflation basse ne règle pas tout ?
L’inflation moyenne a été de −0,1 % en 2025, après 0,4 % en 2024. L’inflation sous-jacente est restée positive, à 0,7 %.
Des prix moyens peu dynamiques peuvent alléger certaines dépenses, mais ils ne font pas disparaître la dette des ménages ni la faiblesse de la consommation. Le signal à suivre reste donc l’ensemble du tableau, pas un seul indicateur favorable.
Réserves élevées et déficit courant : deux réalités à suivre ensemble
Les réserves de change atteignaient 246 milliards de dollars au quatrième trimestre 2025, soit plus de dix mois d’importations. Elles donnent au pays un coussin financier conséquent.
Mais en mai 2026, la Thaïlande a enregistré un déficit de la balance courante de 6,4316 milliards de dollars US, selon la Bank of Thailand. Ce chiffre rappelle que les comptes extérieurs peuvent varier rapidement, même avec des réserves élevées.
L’économie garde des appuis sérieux, sans retrouver une vitesse régulière. Les investissements et les exportations tirent vers le haut, tandis que l’industrie, la consommation et l’endettement empêchent encore une reprise plus franche.




