Surf, durian, mangroves : Phang Nga sort du simple séjour plage

20,3 milliards de bahts en quatre mois, 1 509 989 visiteurs, puis un creux de fréquentation entre juin et septembre avec des hôtels remplis à 40% à 50% : la province de Phang Nga a un problème clair, avec une réponse de plus en plus lisible.
Cette réponse passe par les activités mises en avant loin du simple bain de mer : surf, durian, vergers, promotion ciblée. L’idée est de faire venir autrement, et de faire rester plus longtemps.
Entre juin et septembre, le taux d’occupation tombe à 40%, 50%
La basse saison, ici, dure traditionnellement de juin à septembre. Pendant cette période, le taux d’occupation des hôtels se situe entre 40% et 50%, alors qu’en haute saison, de novembre à février, il pourrait atteindre 90%.
Le défi est clair. Quand une destination dispose d’environ 15 000 chambres, surtout réparties entre Khao Lak, Na Tai et Koh Yao, il faut plus qu’un décor de carte postale pour lisser l’année.
Le poids du tourisme ne fait aucun doute. Entre le 01/01/2026 et le 30/04/2026, cette province a généré 20,3 milliards de bahts de recettes touristiques avec 927 091 visiteurs étrangers et 582 898 voyageurs thaïlandais.
Et le niveau de 2025 donne l’échelle du sujet : le tourisme y a rapporté plus de 50 milliards de bahts sur l’année. Quand un secteur pèse à ce point, la saison creuse n’est pas un détail de calendrier. C’est un trou à combler.
À Memories Beach, le surf sert de porte d’entrée
Sur le spot de Memories Beach, dans le district de Takua Pa, la location d’une planche commence à 200 bahts pour 90 minutes. Pour un débutant, les cours sont proposés à partir de 1 800 bahts.
C’est un signal concret : la mer devient une activité vendue, tarifée, facile à essayer. C’est beaucoup plus fort pour remplir une période molle qu’une simple promesse de plage vide.
Cette bascule est portée par le Phangnga Surfing Club, dirigé par Chatchai Somporn, qui pousse la transformation de la station balnéaire en « village du surf ». Le mot compte, car il dit une identité plus qu’un loisir d’appoint.
Le mouvement ne s’arrête pas au sable. À Khao Lak, The Board Factory, dirigée par Eknarin Yotiphai, fabrique des planches de surf Sunova destinées aux marchés internationaux.
Pourquoi ce virage parle aussi aux résidents
Si vous vivez déjà en Thaïlande, ce type d’offre change la lecture du lieu. On vient pour une pratique, un cours, une routine courte, presque un prétexte régulier.
La remise consentie par plusieurs hôtels pendant la saison basse, avec des réductions dépassant 10%, renforce cette logique. Venir quand il y a moins de monde doit aussi avoir un intérêt concret pour votre budget.
Le durian Salika pèse plus de 100 millions de bahts par saison
L’autre axe est agricole, et il est loin d’être décoratif. Le durian Salika du district de Kapong bénéficie d’une indication géographique officiellement reconnue.
Une IG donne un nom, un ancrage, une raison de se déplacer pour quelque chose qu’on ne retrouve pas partout sous la même identité.
Pour la saison en cours, la récolte prévue atteint environ 4 285 tonnes sur 8 919 rai de plantations. Sur ce total, près de 400 tonnes concernent précisément cette variété.
Et la valeur suit : elle génère plus de 100 millions de bahts chaque saison. Là, le tourisme s’accroche à une production qui existe déjà et qui a son propre poids économique.
Les autorités locales organisent des festivals des vergers depuis 3 ans. Pour l’année en cours, 34 exploitations participent.
Un séjour peut alors se construire autour d’une récolte, d’une visite de verger, d’un produit identifié, puis se prolonger avec une nuit d’hôtel ou une autre activité sur place.
Booking.com et Travel + Leisure India donnent une autre image du littoral
La reconnaissance extérieure aide aussi à déplacer le récit. Cette province a été désignée destination la plus accueillante au monde dans les Traveller Review Awards 2026 de Booking.com.
Ce genre de label sert à une chose très concrète : il donne un angle simple à raconter, au-delà de la plage. L’accueil devient un argument de vente à part entière.
Dans le même mouvement, Khao Lak a été élue Meilleure destination internationale pour les mariages par les lecteurs de Travel + Leisure India. Là encore, on parle d’un usage précis du territoire, pas d’une image vague.
Un mariage, un séjour surf, un circuit autour des vergers : ces pistes n’ont pas le même public, et c’est justement le but. Quand une destination veut traverser les mois lents, elle a besoin de plusieurs portes d’entrée.
Le voyage de promotion en Inde, du 23 au 25 juin 2026, allait dans ce sens
L’Association des hôteliers locale a participé à une tournée de promotion à Mumbai et New Delhi du 23/06/2026 au 25/06/2026. Ce déplacement s’est tenu après la période de recettes très fortes du début d’année.
La ligne est assez nette : prendre appui sur une bonne dynamique, puis aller chercher d’autres clientèles au moment où les chambres deviennent plus dures à remplir. Le calendrier de cette opération n’a rien d’anodin.
L’ensemble est cohérent. D’un côté, des prix d’accès simples pour le surf et des remises hôtelières ; de l’autre, une IG reconnue, des festivals de vergers et une promotion à l’étranger.
Cette province n’abandonne pas la mer. Elle essaie de lui adjoindre autre chose, avec des offres qui se visitent, se réservent ou se goûtent. Derrière le nom de จังหวัดพังงา, il faut maintenant regarder ce qui remplit les journées autant que les plages.




