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Sept voyages avec Lucie Carrasco : la Thaïlande à hauteur de fauteuil roulant

Sept voyages avec Lucie Carrasco

Un vol intérieur entre Bangkok et Phuket qui vire à la procédure interminable, des tuk-tuks où la sécurité n’est pas garantie, des routes escarpées : voilà ce que montre « Lucie en Thaïlande », le documentaire consacré au voyage de la styliste Lucie Carrasco, atteinte d’une amyotrophie spinale, qui se déplace en fauteuil roulant.

Pour un Français installé ici, ce film dit quelque chose de très concret. La Thaïlande reste accessible quand on prépare, mais l’improvisation coûte cher dès que la mobilité est réduite.

Sept voyages en commun, et une méthode qui se voit à l’écran

Lucie Carrasco voyage avec Jérémy Michalak, animateur de télévision et producteur de la série, depuis 2015. Le duo en est à son septième voyage. Ce n’est pas rien.

Onze ans de terrain ensemble, ça change la façon de filmer un obstacle : on l’anticipe. Le mari de la styliste, Jean, fait aussi partie du voyage. La question des accompagnants revient d’ailleurs comme un fil dans tout le film.

Et c’est probablement le meilleur enseignement si vous préparez la venue d’un proche à mobilité réduite : le nombre de personnes autour compte autant que la destination choisie.

Bangkok, Chonburi, Phuket, Krabi, Koh Lanta : un itinéraire qui traverse plusieurs Thaïlandes

Les étapes citées couvrent Bangkok, Chonburi, Phuket, Krabi et Koh Lanta. Le trajet est aussi décrit plus simplement comme un Bangkok, Phuket avec un passage par Koh Lanta, les deux présentations ne se recoupant pas tout à fait.

Ce détail a son importance quand on planifie. Entre la capitale, une province de la côte est, une île du Sud et une province de la mer d’Andaman, les trajets diffèrent, tout comme les transferts internes.

Et ce sont justement les transferts qui pèsent. Les longues distances sont décrites comme fatigantes, les transports parfois inadaptés.

Trottoirs irréguliers et tuk-tuks : ce que le film ne cache pas

Le documentaire montre des difficultés de sécurité en tuk-tuk, des routes escarpées et des trottoirs irréguliers. Rien de spectaculaire, rien d’apitoyé non plus. Juste le quotidien.

N’importe qui ayant poussé une poussette dans un soi de Bangkok voit très bien de quoi il s’agit. La différence, c’est qu’avec un fauteuil, un trottoir défoncé devient un mur.

Le film insiste aussi sur la lenteur des procédures pour le vol entre la capitale et l’île du Sud. Prévoir large sur les temps d’aéroport reste la seule façon de ne pas transformer une correspondance en épreuve.

Faut-il renoncer à la Thaïlande quand on se déplace en fauteuil ?

Non, et le film ne dit jamais ça. Sa conclusion est plus utile que ça : il faut préparer son voyage en fonction du lieu, des aides fournies sur place et des accompagnants présents. Trois paramètres, pas un seul.

Autrement dit, une même destination peut être praticable ou impraticable selon l’hébergement choisi et le nombre de bras disponibles. C’est une approche au cas par cas, pas une carte des « villes accessibles ».

Koh Phi et Krabi, rappelées pour le tsunami de 2004

Le film évoque Koh Phi et la province de Krabi à propos du tsunami de décembre 2004. La mention est courte mais elle ancre le récit dans la mémoire du pays, au-delà du décor.

C’est ce qui distingue un documentaire d’un reportage de destination. On y parle des lieux comme d’endroits habités par une histoire, comme d’un fond d’écran.

Où et quand le voir, si vous l’avez manqué

Le film a été mis en ligne sur france.tv à partir du 26 juin 2026, puis diffusé sur France 5 le 1er juillet 2026 à 21h05. La durée annoncée tourne autour de 50 à 52 minutes selon les sources consultées, sans confirmation exacte.

Un format court, donc, qui se regarde d’une traite. Pour un expatrié qui reçoit régulièrement de la famille, c’est cinquante minutes bien investies avant d’organiser la prochaine visite.

Avant de faire venir un proche : le visa et la carte d’arrivée

Les ressortissants français peuvent entrer sans visa pour une durée maximale de 60 jours, selon la situation en vigueur à la date de cette information. Les autorités thaïlandaises prévoient de ramener cette exemption à 30 jours, sans qu’une date d’application soit précisée.

C’est le genre de point à revérifier avant d’acheter un billet, surtout pour un séjour long qui suppose une organisation médicale ou logistique lourde. Un passage de 60 à 30 jours changerait tout pour un séjour familial étendu.

La TDAC, c’est pour tout le monde ?

Oui. Depuis le 1er mai 2025, tous les ressortissants étrangers entrant par voie aérienne, terrestre ou maritime doivent remplir la Thailand Digital Arrival Card. Touristes, voyageurs d’affaires, résidents de longue durée : personne n’y coupe.

Elle se remplit dans les trois jours qui précèdent l’arrivée. Deux cas échappent à l’obligation : le transit ou la correspondance sans passage par le contrôle d’immigration, et l’entrée avec un Border Pass.

Pour une personne à mobilité réduite arrivant accompagnée, autant traiter ce formulaire à l’avance et au calme. Le comptoir d’arrivée, avec un fauteuil et des bagages, reste un mauvais endroit pour découvrir une démarche en ligne.

Ce que ce documentaire apporte vraiment à la communauté française d’ici

On lit beaucoup de choses sur la Thaïlande accessible ou non. Rarement montrée par quelqu’un qui la traverse en fauteuil sur plusieurs provinces, avec les mêmes vols intérieurs et les mêmes trottoirs que tout le monde.

Sept voyages avec le même binôme, ça finit par produire un savoir-faire. Regardez-le comme un mode d’emploi plutôt que comme une leçon de courage : le film vous dira surtout combien de temps prévoir et combien de bras réunir.