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Actionnaires, fonds, contrôle réel : ce que les autorités thaïlandaises examinent

Actionnaires, fonds, contrôle réel

Depuis le 1er avril 2026, les dossiers de sociétés demandent davantage d’éléments sur l’origine réelle des fonds apportés par leurs associés thaïlandais. Pour un Français installé ici, le sujet dépasse largement les montages immobiliers : les contrôles regardent maintenant qui décide, qui finance et qui profite réellement de l’activité.

Les secteurs cités vont de l’immobilier aux services, en passant par l’hôtellerie, la restauration et le tourisme. La frontière entre un investissement régulier et une structure contrôlée par prête-nom est donc devenue beaucoup plus sensible.

À Phuket, Koh Samui et Bangkok, les sociétés passent au crible

Des contrôles renforcés sont signalés à Phuket, Koh Samui, Bangkok et dans d’autres provinces. Les opérations évoquées combinent inspections élargies et interventions coordonnées, avec des dizaines de sociétés ou d’agences visées dans plusieurs zones touristiques.

Vous pouvez être concerné même sans acheter un bien. Une agence, un restaurant, un hôtel ou une activité de services entre dans le champ des structures surveillées lorsque son contrôle réel paraît différent de son organisation déclarée.

Le principe est simple, mais la vérification peut devenir lourde. L’administration ne s’arrête plus au nom inscrit sur un document : elle cherche à comprendre la place effective des associés thaïlandais et l’origine de leur argent.

Les fonds des associés thaïlandais deviennent un document central

Le Department of Business Development a renforcé les exigences d’enregistrement à partir du 1er avril 2026. Elles comprennent des déclarations portant sur l’origine réelle des fonds des associés thaïlandais.

Pour vous, cela remet les documents financiers au centre du dossier. Une participation locale doit pouvoir être expliquée de façon cohérente avec le rôle affiché par l’associé, sans zone grise sur le financement.

Ce durcissement vise les sociétés contrôlées via des prête-noms. La règle est dure, mais elle répond à une question très concrète : qui tient réellement l’entreprise, derrière les actionnaires inscrits ?

Que se passe-t-il quand un dossier paraît douteux ?

En cas de doute, un dossier peut être transféré à la police. Le passage d’un contrôle administratif à cette étape change la nature du problème : vous ne traitez plus seulement une demande de pièces ou une formalité d’enregistrement.

Des arrestations, des cautions et des passeports confisqués sont aussi évoqués dans le cadre de cette campagne. Ces éléments imposent de traiter toute structure locale avec des preuves claires, surtout lorsque la répartition du contrôle est difficile à lire.

Un associé local ne doit pas servir de façade

Le prête-nom devient le cœur du contrôle, car il peut masquer une personne qui finance ou dirige réellement une société. Vous ne pouvez pas réduire le sujet à la seule détention de parts : le financement et le pouvoir de décision sont eux aussi examinés.

Cette approche touche des activités très visibles dans les provinces touristiques, mais aussi les services installés à Bangkok. Le secteur importe moins que la capacité à montrer que les déclarations correspondent à la réalité de l’entreprise.

La prudence doit donc commencer avant l’enregistrement. Une structure montée à la hâte, avec des associés dont les fonds ne sont pas expliqués, expose l’ensemble du dossier à un contrôle plus poussé.

60 jours touristiques ne donnent pas un cadre pour exploiter une société

Depuis le 15 juillet 2024, les Français titulaires d’un passeport ordinaire peuvent séjourner jusqu’à 60 jours sans visa pour un usage touristique uniquement. Au 4 juin 2026, cette exemption concernait 93 pays et territoires, dont la France, et était annoncée comme devant être ramenée à 30 jours.

Vous devez donc séparer clairement l’entrée touristique et les questions de société. Au-delà de 60 jours, un visa est obligatoire ; l’extension éventuelle ne peut pas dépasser 30 jours et reste à la discrétion de l’immigration.

Le passeport doit être valable au moins six mois à compter de l’entrée. Il peut aussi être demandé de présenter l’équivalent de 20 000 THB par personne en espèces.

La carte d’arrivée ne remplace aucune vérification d’entreprise

Depuis le 1er mai 2025, chaque ressortissant étranger entrant par voie aérienne, terrestre ou maritime doit remplir la Thailand Digital Arrival Card. Vous devez la compléter dans les trois jours précédant l’arrivée.

Cette formalité concerne l’entrée sur le territoire. Elle ne répond pas aux questions examinées lors de l’enregistrement d’une société, ni à celles posées par les contrôles sur les fonds et les associés.

Les règles d’entrée restent séparées, mais elles comptent aussi

L’importation est limitée à 200 cigarettes par passager majeur, soit une cartouche au maximum, ou à 250 g de tabac. L’alcool est limité à un litre par personne.

Les cigarettes électroniques, les e-barakus et leurs produits liés sont interdits d’importation. La réglementation citée prévoit une amende et jusqu’à 3 ans de prison, un rappel utile quand vous arrivez avec des habitudes prises ailleurs.

Pour créer ou gérer une activité, le dossier doit maintenant raconter la même histoire partout : associés, fonds et contrôle réel. Les contrôles menés dans les zones touristiques montrent que cette cohérence ne relève plus d’une simple précaution administrative, mais d’un risque concret pour toute société mal montée.