S’expatrier en Thaïlande en 2026 : ce qui a changé
Thomas Marchand, consultant freelance de 38 ans, a posé ses valises à Chiang Mai en janvier 2026. Comme des milliers de Français chaque année, il a dû naviguer entre exemptions de visa, formulaires numériques et démarches administratives pour s’installer durablement. En 2026, les règles ont encore évolué — et plusieurs surprises attendent ceux qui ne se sont pas mis à jour.
L’exemption de visa : retour aux 30 jours depuis mai 2026
Depuis le 19 mai 2026, le gouvernement thaïlandais a officiellement mis fin à l’exemption de 60 jours accordée temporairement depuis juillet 2024. La France figure désormais dans la liste des 54 pays conservant une exemption de 30 jours. Les nouvelles règles entrent en vigueur 15 jours après publication dans la Gazette royale thaïlandaise, soit une application attendue début juin 2026.
Il reste possible de solliciter une extension de 30 jours supplémentaires auprès d’un bureau d’immigration local, pour un coût de 1 900 THB. Soit un séjour maximum de 60 jours avec extension — mais sans garantie que cette pratique soit confirmée par les textes d’application.
Le TDAC : formulaire obligatoire dès l’embarquement
Depuis le 1er mai 2025, tout voyageur entrant en Thaïlande doit remplir la Thailand Digital Arrival Card (TDAC), un formulaire électronique gratuit. Il remplace l’ancienne carte papier d’arrivée et doit être complété dans les 72 heures précédant le vol. Sans TDAC validé, l’embarquement peut être refusé.
Le formulaire se remplit sur le portail officiel des autorités thaïlandaises. Il demande les informations de passeport, adresse d’hébergement en Thaïlande et détails du vol. La procédure prend moins de dix minutes.
Quels visas pour s’expatrier durablement ?
S’expatrier durablement implique de dépasser les 30 jours d’exemption. Trois options principales s’offrent aux Français selon leur profil :
- Le DTV (Destination Thailand Visa) : visa multi-entrées valable 5 ans, avec 180 jours de séjour par entrée. Coût : 10 000 THB (environ 350 €). Destiné aux nomades digitaux, freelances, participants à des activités de « soft power » thaïlandais (cours de boxe thaï, cuisine, méditation). Exige 500 000 THB (environ 13 000 €) sur un compte bancaire.
- Le visa O-A : destiné aux retraités de 50 ans et plus. Valable 1 an, renouvelable. Conditions financières : 800 000 THB en banque thaïlandaise ou revenus de 65 000 THB/mois.
- Le visa LTR (Long-Term Resident) : pour les travailleurs qualifiés à haut revenu, les retraités aisés ou les investisseurs. Durée : 10 ans. Critères stricts de ressources.
La procédure s’effectue désormais entièrement en ligne via le portail thaievisa.go.th, depuis la France. Les délais de traitement varient de 5 à 15 jours ouvrés pour la plupart des visas — comptez jusqu’à 6 semaines pour le DTV ou le LTR, traités par le BOI thaïlandais.
Inscription consulaire et démarches côté français
L’inscription au registre des Français établis hors de France (via l’ambassade de France à Bangkok ou le consulat honoraire à Chiang Mai) n’est pas obligatoire, mais fortement recommandée. Elle facilite le renouvellement du passeport sur place, l’accès aux bourses AEFE pour les enfants scolarisés en lycée français et le droit de vote aux élections depuis l’étranger.
L’ambassade de France en Thaïlande est située à Bangkok (29 Sathorn Tai Road). Elle traite également les demandes de passeport, d’acte d’état civil et de reconnaissance de documents officiels. Des consulats honoraires sont présents à Chiang Mai, Phuket et Pattaya.
Couverture santé : ne pas arriver sans
La Thaïlande ne dispose pas d’accord de sécurité sociale avec la France. Tout expatrié doit souscrire une assurance santé internationale avant son départ. Pour les retraités demandant le visa O-A, une assurance d’un minimum de 40 000 THB en frais ambulatoires et 400 000 THB en hospitalisation est obligatoire.
Les hôpitaux privés comme Bumrungrad à Bangkok, Bangkok Hospital ou Samitivej proposent des prestations de haute qualité à des tarifs souvent inférieurs à la France. Une consultation de spécialiste se situe généralement entre 1 000 et 2 000 THB.
Budget de vie : de combien a-t-on besoin ?
Le coût de la vie varie sensiblement selon les villes. À Chiang Mai, un expatrié vivant confortablement (logement meublé climatisé, repas variés, déplacements en scooter) dépense entre 800 et 1 200 €/mois. À Bangkok, le budget monte à 1 200-1 800 €/mois pour un niveau de vie équivalent.
Les loyers restent le principal poste : 200 à 350 € à Chiang Mai pour un studio meublé avec piscine, 400 à 700 € à Bangkok dans des quartiers comme Ekkamai ou Thonglor. La nourriture locale coûte peu — un repas dans un restaurant de rue tourne autour de 50 à 100 THB.
Fiscalité : la règle des 180 jours à ne pas ignorer
Depuis le 1er janvier 2024, la Thaïlande impose les revenus étrangers transférés sur un compte thaïlandais, quelle que soit l’année de perception. Tout résident fiscal (plus de 180 jours par an en Thaïlande) doit déclarer ces revenus. La convention fiscale franco-thaïlandaise évite la double imposition, mais une analyse de sa situation personnelle reste indispensable avant le départ.
La résidence fiscale française se perd lorsque le foyer habituel, le centre des intérêts économiques et la résidence principale sont tous déplacés hors de France. Fermer ses comptes CAF, informer les impôts et désinscrire son véhicule sont autant de démarches à anticiper.
Ce qu’il faut retenir avant de s’envoler
S’expatrier en Thaïlande en 2026 reste accessible aux Français, mais les règles ont durci sur plusieurs points : exemption ramenée à 30 jours, TDAC obligatoire, fiscalité sur les transferts étrangers. Anticiper le bon visa selon son profil — DTV pour les actifs en ligne, O-A pour les retraités, LTR pour les cadres — permet d’éviter la pression des runs de visa et de profiter pleinement de ce pays.