35 GW de demandes : la Thaïlande veut filtrer ses projets de data centers

Les demandes de raccordement de centres de données atteignent environ 35 GW en Thaïlande, alors que la pointe électrique nationale est citée à près de 40 GW. Le gouvernement prépare donc un tri des projets, avant de mobiliser une capacité qui dépasse largement le scénario retenu pour les besoins numériques.
Le projet de plan électrique national PDP 2026-2050 a été mis en consultation. Pour un Français installé à Bangkok, Chiang Mai ou dans l’EEC, le programme concerne l’énergie. Les faits disponibles ne prévoient aucune nouvelle règle de visa, de séjour ou de permis de travail liée à ce programme.
35 GW de demandes face à une pointe nationale de 40 GW
Le ministère de l’Énergie a présenté, le 16 septembre 2026, une estimation de 8 800 MW. Elle concerne la consommation des centres de données et des activités liées à l’intelligence artificielle. Les demandes de puissance déposées par les projets atteignent pourtant environ 35 GW.
La différence entre ces deux chiffres explique la prudence du gouvernement. Le premier correspond au scénario de référence du projet de plan, tandis que le second regroupe les demandes formulées par les opérateurs. Ces 35 GW correspondent donc à un volume de projets annoncés ou déposés, pas à une consommation déjà installée.
Pourquoi la demande déposée dépasse-t-elle le scénario retenu ?
Les faits disponibles ne donnent pas le détail projet par projet. Ils montrent seulement un écart entre la puissance sollicitée et l’estimation intégrée au PDP 2026-2050, avec une pointe nationale citée à environ 40 GW.
La Thaïlande doit donc décider quelles installations peuvent avancer dans le calendrier électrique prévu. Le raccordement dépendra aussi des renforcements du réseau, évalués à environ 35 milliards de bahts par EGAT.
Que prévoit le PDP 2026-2050 pour alimenter le pays ?
Le projet prévoit environ 50,9 GW de nouvelles capacités entre 2026 et 2037. La production solaire représente 24 300 MW, l’éolien 2 700 MW et les batteries de stockage 14 500 MW.
Le programme inclut aussi 9 100 MW de centrales à gaz à cycle combiné. Un premier projet de réacteur nucléaire modulaire est prévu à 300 MW à partir de 2037. Cela place les centres de données dans un plan beaucoup plus large que leur seul secteur.
Les demandes numériques sont déjà nombreuses, alors que plusieurs moyens de production du PDP s’étalent jusqu’en 2037. Le plan doit donc organiser la capacité électrique sur plusieurs années, sans valider automatiquement chaque dossier déposé.
Les chiffres du solaire, de l’éolien, du stockage, du gaz et du nucléaire décrivent les capacités prévues dans le projet soumis à consultation, avec des échéances qui varient selon les technologies, sans annoncer une production immédiate.
La Thaïlande doit trier avant de brancher
Le 4 septembre, 166 projets de centres de données ont été suspendus : 49 étaient en construction et 117 attendaient une autorisation. La Thaïlande comptait alors 35 centres en fonctionnement.
Cette décision concrétise le filtrage annoncé par le plan électrique. Les projets suspendus ne sont pas tous au même stade, et les chiffres disponibles ne précisent pas combien d’entre eux pourront reprendre ou dans quelles conditions.
Que signifie la suspension des 166 projets ?
La construction ou l’autorisation de ces dossiers n’avançait plus au moment du recensement. Cette situation ne permet pas d’affirmer que les projets sont annulés, ni de déduire leur localisation ou leur consommation future.
Pour suivre l’économie thaïlandaise depuis le pays, le chiffre à surveiller reste celui des projets effectivement autorisés et raccordés. Les annonces d’investissement sont plus larges que les capacités électriques déjà disponibles.
Le 6 mai 2026, le BOI avait approuvé six projets totalisant 958 milliards de bahts. Trois concernaient des centres de données, pour un montant de 913 milliards de bahts, mais cette approbation d’investissement ne suffit pas à établir une mise en service électrique.
Dans l’EEC, les 2 GW du Direct PPA attendent encore leur calendrier
Le projet de Direct PPA prévoit une première phase de 2 GW dans l’Eastern Economic Corridor, ou EEC. Cette zone comprend Chonburi, Rayong et Chachoengsao, trois provinces déjà intégrées au périmètre industriel retenu par le programme.
Le mécanisme doit donc commencer par une capacité limitée par rapport aux 35 GW de demandes déposées. Au 19 juillet 2026, la date de mise en œuvre de cette première phase n’avait pas encore été annoncée.
Le Direct PPA ne crée pas une formalité administrative particulière pour les Français. Les faits disponibles ne mentionnent aucune modification de visa, de droit au séjour, de permis de travail ou de démarche consulaire en lien avec ce dispositif.
Le dossier concerne d’abord l’électricité. La Thaïlande prépare de nouvelles capacités, chiffre le coût du réseau et suspend déjà des projets. Le ministère compare les demandes déposées avec un scénario de consommation plus limité.
Pour les résidents étrangers, la conséquence est donc indirecte. Il faut suivre l’évolution du plan énergétique et des projets industriels dans l’EEC. Investissement approuvé, autorisation administrative et centre effectivement en fonctionnement désignent trois situations différentes.
Le prochain repère sera la mise en œuvre annoncée de la première phase de 2 GW.



