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La Thaïlande veut séduire de nouveaux voyageurs : le tourisme change de cap et ça pourrait transformer vos prochains voyages

La Thaïlande veut séduire de nouveaux voyageurs

Six voyageurs étrangers sur dix qui débarquent en Thaïlande viennent de pays voisins, souvent pour quelques jours seulement. C’est ce déséquilibre que Bangkok veut corriger : la Tourism Authority of Thailand prépare une nouvelle stratégie, baptisée « NEXT », dont le lancement est annoncé pour 2027.

L’objectif est clair : attirer des visiteurs qui restent plus longtemps et dépensent davantage sur place, tout en réduisant la dépendance aux marchés asiatiques traditionnels. Pour vous, Français installés ici ou habitués des allers-retours, ça ne change pas vos règles d’entrée à ce jour. Mais ça dit beaucoup de la direction que prend le pays pour les années qui viennent.

NEXT : la feuille de route 2027 qui vise des voyageurs à plus forte valeur

La feuille de route NEXT repose sur trois axes : le tourisme événementiel, la diversification des marchés et l’attraction de visiteurs à plus forte valeur ajoutée. Concrètement, la Thaïlande mise sur les grands événements internationaux, les festivals, les compétitions sportives et les salons professionnels.

L’idée est simple. Un spectateur venu pour une compétition sportive ou un délégué de salon professionnel reste souvent plusieurs nuits, dort à l’hôtel et consomme sur place. C’est un profil très différent du touriste de court séjour qui traverse une frontière régionale pour un week-end.

Cette stratégie cherche aussi à équilibrer le poids des clientèles. À ce jour, les marchés de court-courrier représentent environ 60 % des arrivées internationales en Thaïlande. Une majorité écrasante, qui rend le secteur sensible aux soubresauts économiques de ses voisins asiatiques.

60 % de visiteurs venus d’Asie : la dépendance que le royaume veut casser

Le Royaume de Thaïlande est une monarchie constitutionnelle membre de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est. Il a bâti une partie de sa croissance touristique sur sa position de carrefour régional. Le problème, c’est que ce modèle concentre les risques : quand un grand marché voisin ralentit, les arrivées suivent.

D’où la volonté de regarder vers d’autres horizons et d’autres profils de voyageurs. Pour un expatrié, la conséquence se lira dans le paysage : plus d’événements internationaux programmés, plus d’infrastructures dédiées, et probablement une offre pensée pour les longs séjours.

Un point mérite d’être souligné : aucune mesure spéciale pour les Français n’est mentionnée dans cette stratégie. Vous êtes visé comme voyageur au même titre que les autres, pas comme public privilégié.

Cette stratégie change-t-elle vos règles d’entrée ou de visa ?

Non. La feuille de route NEXT est une stratégie de promotion touristique, pas une réforme de l’immigration. Elle ne modifie ni les conditions d’entrée, ni les règles de visa, ni les durées de séjour autorisées.

Ce qui s’applique, c’est le cadre existant. Depuis le 15 juillet 2024, les ressortissants français titulaires d’un passeport ordinaire peuvent séjourner en Thaïlande jusqu’à 60 jours à des fins touristiques, sans visa.

Une vigilance s’impose tout de même. Le ministère français des Affaires étrangères indique que cette durée sans visa sera réduite à 30 jours dès l’entrée en vigueur de la mesure annoncée. Avant de réserver un long séjour, vérifiez donc la situation sur la page officielle des dernières minutes et alertes pour la Thaïlande.

TDAC, espèces à l’arrivée, overstay : les trois points qui bloquent des voyageurs chaque semaine

Premier point : la Thailand Digital Arrival Card. Depuis le 1er mai 2025, tout étranger entrant en Thaïlande par voie aérienne, terrestre ou maritime doit la remplir en ligne avant l’arrivée. Elle se complète dans les 3 jours précédant l’entrée sur le territoire.

Deuxième point : l’ambassade de France en Thaïlande signale qu’il peut être demandé de présenter l’équivalent de 20 000 THB par personne en espèces à l’arrivée. Ce contrôle n’est pas systématique, mais il existe. Partir sans espèces du tout, c’est prendre un risque inutile.

Troisième point : le dépassement de séjour. Rester au-delà des 60 jours de l’exemption peut entraîner une amende, voire une expulsion. Et contrairement à une idée répandue, un visa touristique ne s’obtient pas sur place : ces visas sont délivrés par les consulats de Thaïlande à l’étranger, pas en Thaïlande.

La TDAC, c’est un visa ?

Non, et l’Immigration Bureau thaïlandais le dit noir sur blanc. La TDAC remplace l’ancienne carte d’arrivée papier : c’est une formalité de déclaration, pas un titre de séjour. Elle s’applique à tous les non-Thaïlandais et peut être remplie en individuel ou en groupe, pratique si vous voyagez en famille.

Seules exceptions mentionnées par les autorités françaises : les voyageurs en transit ou en correspondance sans passage par le contrôle d’immigration, et ceux qui entrent avec un Border Pass. Pour tout le monde, c’est obligatoire. Et attention : ne passez que par le site officiel de l’immigration thaïlandaise.

Les sites intermédiaires payants se multiplient sur ce genre de formalité.

Plus de 60 jours en vue ? Préparez le visa avant de décoller

Si votre projet dépasse la durée de l’exemption, le réflexe est le même pour tout le monde : visa obligatoire, demandé depuis la France auprès du consulat compétent. C’est d’autant plus important que la fenêtre sans visa pourrait passer de 60 à 30 jours.

Les voyageurs qui restent longtemps et dépensent davantage, c’est exactement le profil que la stratégie NEXT veut attirer. Ironie du calendrier : la France fait déjà partie de ces marchés lointains que la Thaïlande espère développer. Les Français installés ici le savent bien, le pays sait recevoir ceux qui prennent leur temps.

En résumé : la stratégie NEXT changera l’offre touristique thaïlandaise à partir de 2027, pas vos démarches. Vos réflexes restent les mêmes : TDAC remplie dans les trois jours, espèces suffisantes à l’arrivée, visa en poche si le séjour dépasse la durée autorisée. Et avant chaque départ, un coup d’œil à la page officielle du Quai d’Orsay.

C’est là que le passage de 60 à 30 jours sera confirmé, le jour où il entrera en vigueur.