Pourquoi le Pimalai remplit ses chambres des mois à l’avance en 2026 ?

Janvier et février prochains sont quasiment complets au Pimalai Resort & Spa, sur l’île de Koh Lanta. Pour un complexe qui vit du tourisme international, avoir deux mois de haute saison verrouillés autant à l’avance n’a rien d’anodin. Ça dit quelque chose sur la façon dont le sud de la Thaïlande a traversé une année compliquée.
La copropriétaire du resort, Charintip Tiyaphorn, vise 600 millions de bahts de revenus pour 2026. Une hausse de 5 % sur un an. Le taux d’occupation, lui, devrait rester stable à 69 %.
600 millions de bahts visés, mais l’objectif a déjà été revu à la baisse
Ce chiffre de 69 % n’était pas le plan initial. Avant la guerre entre l’Iran et les États-Unis, Pimalai tablait sur un taux d’occupation moyen de 75 % pour 2026, contre 70 % l’année précédente. Le conflit a forcé une révision à la baisse.
Un événement géopolitique à des milliers de kilomètres de Koh Lanta a fait sauter des réservations dans le sud de la Thaïlande. De nombreux touristes ont annulé leurs voyages en mars et en avril à cause des perturbations aériennes au Moyen-Orient. Un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran viserait maintenant à mettre fin à la guerre, selon Charintip Tiyaphorn.
C’est ce qui explique l’optimisme retrouvé, même prudent.
Les vols directs vers Krabi font remonter les prix des chambres
Autre levier, plus terre à terre : la reprise des vols directs vers Krabi, l’aéroport de référence pour rejoindre Koh Lanta. Elle permet au resort d’augmenter ses tarifs de chambre. Les compagnies SAS et Finnair lancent des vols d’hiver vers Krabi, ce qui ouvre un accès direct depuis la Scandinavie sans passer par un hub intermédiaire.
Pour un voyageur français, cette ligne agit surtout comme un signal : quand des compagnies scandinaves rouvrent une route hivernale vers une destination, elles anticipent une demande solide sur toute la saison, au-delà d’un simple pic ponctuel.
Pourquoi la basse saison reste-t-elle le point faible ?
Pendant que janvier et février affichent complet, les réservations de juin ont baissé de 5 %. La basse saison reste globalement faible, avec des réservations anticipées quasi pleines pour le quatrième trimestre mais un trou net sur les mois creux.
Le resort cherche à faire passer son taux d’occupation en basse saison au-dessus de 50 %. La méthode : des offres promotionnelles, et un ciblage plus large vers des visiteurs court-courriers, en particulier depuis la Chine et l’Inde. Une diversification logique quand la clientèle européenne longue distance reste sensible au moindre soubresaut géopolitique.
Le resort a aussi investi dans la rénovation de ses installations de bien-être. Une manière de retenir la clientèle qui reste, plutôt que de miser uniquement sur le volume.
Koh Lanta, verrouillée par ses propres règles de zone verte
Pimalai ne peut pas grossir à volonté pour absorber la demande. Le resort dispose d’environ 50 raïs de terrain non développé en bord de plage, sur un total de 250 raïs. Mais il ne peut ni s’agrandir ni construire de bâtiments plus grands, en raison des règles de zone verte de Koh Lanta.
Ces réglementations sont révisées tous les cinq ans, ce qui laisse une fenêtre régulière mais lointaine pour tout changement. La croissance de l’établissement passe par les tarifs et le taux de remplissage, pas par de nouvelles chambres. C’est ce qui rend la stratégie actuelle presque obligée plutôt qu’un simple choix commercial.
Le pont qui pourrait changer les files d’attente aux ferries
Un autre dossier pèse sur l’avenir de l’île : le cabinet a approuvé l’utilisation de terrain de mangrove pour construire un pont reliant Koh Lanta Noi et Koh Klang. Ce pont pourrait améliorer les liaisons de transport entre Koh Lanta et Krabi continentale, et réduire les files d’attente aux ferries en haute saison. Un ferry bondé un jour de pointe pour rejoindre Koh Lanta peut plomber une arrivée.
Un accès routier plus direct changerait concrètement l’expérience, bien au-delà du seul Pimalai.
Ce qu’un Français doit savoir avant de partir vers Koh Lanta
Pour tout séjour en Thaïlande, y compris à Koh Lanta ou Krabi, la Thailand Digital Arrival Card est obligatoire pour tous les étrangers entrant sur le territoire. Elle est gratuite et doit être remplie dans les 72 heures précédant l’arrivée, uniquement sur le site officiel.
Entre les vols scandinaves qui rouvrent, un pont encore à l’étude et une haute saison déjà verrouillée, Koh Lanta avance par petits paliers plutôt que par grands bonds. Si vous visez janvier ou février, réservez tôt : le complet, cette fois, est réel.




