7 041 dossiers de mineurs liés à la drogue : l’alerte venue de Thaïlande

7 041 dossiers sur 13 741 : en 2026, la moitié des nouvelles affaires pénales impliquant des mineurs dans le royaume était liée à la drogue. Le ratio est précis, 51,24 %. Le sujet dépasse largement le simple fait divers.
Pour un Français installé sur place, la question touche aussi l’école, la santé et la vie quotidienne, pas seulement la police ou les tribunaux. Et le cadre légal, lui, reste d’une dureté extrême dès qu’on parle de stupéfiants.
À Chiang Mai, un chiffre a résumé le malaise
Ces données 2026 ont été présentées publiquement par Kittichai Lueakuakul lors d’un forum consacré aux politiques de lutte contre la drogue, organisé à Chiang Mai. L’événement réunissait la Fondation du Centre universitaire sur la toxicomanie et le Centre universitaire du Nord sur la toxicomanie de l’université locale. Il se tenait avec le soutien de ThaiHealth.
Le signal est public, posé dans un cadre institutionnel, pas une rumeur de réseau social. Un point reste à manier avec prudence : la même personne est présentée comme membre du comité de la Fondation pour la protection de l’enfance dans une source. Elle est aussi présentée comme membre du SAAF dans une autre.
Le chiffre laisse peu de place au flou. Quand plus d’un dossier pénal de mineur sur deux renvoie à la drogue, le sujet quitte le registre marginal et entre dans celui d’un problème massif.
2024 montrait déjà la profondeur du problème chez les jeunes
Les chiffres de 2026 ne tombent pas du ciel. En 2024, sur 13 631 jeunes poursuivis pour des infractions pénales, 8 971 avaient des antécédents de consommation de drogue.
Dans ce groupe, 3 240 ont consommé du cannabis la même année. Et l’enquête soutenue par la fondation de promotion de la santé cite des consommateurs identifiés âgés de 11 ans.
Ces âges et ces volumes racontent une exposition très précoce. Pour certains profils signalés, le basculement commence avant même l’entrée dans l’adolescence.
La même enquête relève aussi une hausse de la consommation de cannabis et de kratom chez les jeunes depuis leur dépénalisation partielle. Là encore, il faut rester exact : cela décrit une augmentation signalée. Ce n’est pas une causalité totale expliquée dans le détail.
Le yaba à 30 à 50 bahts, un accès trop simple
La méthamphétamine, appelée yaba dans le pays, est au cœur du sujet. Le comprimé se vend entre 30 et 50 bahts. La source seed indique une équivalence de 0,79 à 1,32 euros.
Dans un environnement adolescent, le seuil d’accès est bas. Et quand un produit de cette nature circule à ce niveau de prix, la prévention ne peut pas reposer seulement sur la peur de la sanction.
Le volume des prises en charge va dans le même sens. En 2025, 260 000 personnes ont sollicité un traitement pour usage de drogue dans le royaume.
Ce total ne concerne pas uniquement les mineurs, mais il donne la taille du problème. La chaîne est visible : usage, soins, justice et retour du sujet dans le débat public.
Pour un Français sur place, la règle pénale ne laisse aucune zone grise
La politique officielle reste celle de la tolérance zéro pour la méthamphétamine et la plupart des drogues dures. Le Narcotics Code est entré en vigueur le 9 décembre 2021. Il a remplacé plusieurs textes antérieurs, dont le Narcotics Act B.E.
2522 de 1979.
La fiche France Diplomatie, mise à jour le 08/06/2026, rappelle que le pays applique des peines « extrêmement sévères ». Elles concernent la détention, la consommation, le transport ou le trafic de stupéfiants.
Que dit la France sur les sanctions encourues
Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères précise que les peines peuvent aller jusqu’à de très longues peines de prison ou la perpétuité pour trafic de stupéfiants. Pour certains cas graves, la peine de mort est aussi mentionnée.
La règle utile reste brutale : sur ces questions, le royaume ne pardonne pas.
Entre santé publique et répression, le pays affronte deux urgences en même temps
Le forum de Chiang Mai a mis en avant un total de dossiers et une tension claire entre deux réalités. D’un côté, la montée des affaires impliquant des mineurs ; de l’autre, une demande de traitement qui concerne déjà 260 000 personnes.
Le sujet dépasse le seul registre policier. Si des jeunes de 11 ans apparaissent déjà dans les enquêtes, la réponse doit parler à la fois de prévention, de santé et d’application de la loi.
La ligne thaïlandaise, elle, reste ferme sur la méthamphétamine. Et les chiffres exposés publiquement en 2026 montrent qu’elle fait face à un problème qui avance tôt, vite et à grande échelle.
Pour un lecteur français, plus de la moitié des nouvelles affaires pénales de mineurs touchent à la drogue. Le yaba circule à bas prix, et la loi locale frappe très fort. Ici, l’improvisation n’a aucune place.




