Avant de partir en Thaïlande, pourquoi laisser sa cigarette électronique à la maison ?

Jusqu’à 10 ans d’emprisonnement, une amende pouvant atteindre 500 000 bahts, ou les deux : l’importation de cigarettes électroniques en Thaïlande relève d’une interdiction ancienne et très nette. Avant de boucler votre valise, mieux vaut donc laisser l’appareil, les liquides et leurs accessoires à la maison.
La règle s’applique depuis le 27 décembre 2014. Elle ne concerne ni un visa ni une formalité d’immigration : elle porte sur l’entrée même de ces produits sur le territoire.
L’interdiction vise aussi les liquides et les éléments liés à la vape
Un texte du ministère du Commerce, publié au Journal officiel thaïlandais le 26 décembre 2014 et daté du 12 décembre, interdit l’importation des chichas électriques et cigarettes électroniques. Vous ne pouvez pas isoler l’appareil du reste du matériel pour contourner cette règle.
Le texte couvre aussi les substances, extraits et autres éléments apportés pour leur utilisation. Les liquides de recharge entrent donc dans le même périmètre, avec les contenants et les accessoires concernés par le transport.
Pourquoi la valise pose déjà problème ?
L’importation est rattachée à l’article 244 de la loi douanière de 2017. Vous n’avez pas besoin de vendre ou d’utiliser le produit pour être concerné : l’entrée en Thaïlande est déjà visée.
La sanction prévue peut aller jusqu’à dix ans de prison, ou jusqu’à 500 000 bahts d’amende, ou cumuler les deux. La même base prévoit aussi une amende pouvant atteindre cinq fois le prix du produit, avec confiscation des cigarettes électroniques, des contenants et des véhicules utilisés pour les transporter.
Posséder ou acheter un produit importé irrégulièrement expose aussi
Le sujet ne s’arrête pas au passage de la frontière. Si vous possédez, achetez ou recevez sciemment des biens entrés sans formalités douanières régulières, l’article 246, alinéa 1, de la loi douanière de 2017 peut s’appliquer.
Dans ce cas, la peine peut atteindre 5 ans d’emprisonnement, ou une amende de quatre fois le prix des marchandises, ou les deux. Le point délicat tient à la connaissance de l’entrée irrégulière, mais le texte ne crée aucune exception pratique pour un appareil présenté comme personnel.
Emporter une cigarette électronique pour un séjour en Thaïlande est un mauvais calcul. Les textes cités visent l’importation, puis certains actes de détention, d’achat ou de réception liés à une entrée douanière irrégulière.
La vente et les services liés aux e-cigarettes restent interdits
L’Office chargé de la protection des consommateurs interdit la vente de cigarettes électroniques et de liquides de recharge. Il interdit aussi les services qui leur sont liés, ce qui ferme le cadre commercial autour de ces produits.
Pour un vendeur ou un prestataire, la sanction peut atteindre 3 ans de prison ou 600 000 bahts d’amende. Si vous cherchez un appareil ou un liquide une fois sur place, cette interdiction explique pourquoi l’offre ne bénéficie pas d’un cadre commercial ordinaire.
Et l’usage dans les lieux publics ?
La loi thaïlandaise de 2017 sur le contrôle des produits du tabac interdit de fumer une chicha, une chicha électrique ou une cigarette électronique contenant de la nicotine dans les zones publiques. Vous devez distinguer cette interdiction d’usage de celle qui vise l’importation.
L’amende maximale indiquée pour cette consommation en zone publique est de 5 000 bahts. Plusieurs textes se superposent donc selon la situation : l’entrée du produit, sa circulation commerciale et son utilisation dans l’espace public.
Le ministère français confirme une interdiction sans régime de visa
Le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères indique que les cigarettes électroniques et les produits liés sont interdits en Thaïlande. Pour un Français qui prépare son départ, cette information mérite d’être traitée comme une consigne de bagage, pas comme une question de statut de séjour.
Aucune des règles citées ne prévoit de procédure de visa, de prolongation de séjour ou d’immigration propre à la vape. Vous ne trouverez donc pas de démarche administrative qui transforme l’importation interdite en transport autorisé.
L’Australie suit une logique différente depuis juillet 2024
La comparaison avec l’Australie montre qu’une restriction peut prendre une forme très différente. Depuis le 1er juillet 2024, les vapes, avec ou sans nicotine, ne peuvent y être vendues qu’en pharmacie afin d’aider à arrêter de fumer ou à gérer une dépendance à la nicotine.
Les bureaux de tabac, boutiques spécialisées et commerces de proximité australiens ne peuvent pas les vendre. Vous ne pouvez donc pas transposer une règle australienne à la Thaïlande : les deux pays encadrent le produit selon des mécanismes distincts.
Depuis le 1er octobre 2024, les personnes âgées d’au moins 18 ans peuvent obtenir sans ordonnance, dans une pharmacie participante, une vape thérapeutique contenant au maximum 20 mg/mL de nicotine. Au-delà de cette concentration, comme pour les moins de 18 ans, une ordonnance est requise.
Pour la Thaïlande, le réflexe reste simple avant le départ : retirer la cigarette électronique et tout ce qui sert à l’utiliser de vos bagages. Un produit encadré comme thérapeutique en Australie peut relever, sur le territoire thaïlandais, d’une interdiction d’importation assortie de sanctions lourdes.




