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Numérique, énergie propre, services publics : les chantiers du plan thaïlandais

Numérique, énergie propre, services publics

Le 22 juin 2026, le gouvernement a posé un cap très large : faire entrer le pays dans la catégorie des économies à revenu élevé d’ici 2038. La réunion, présidée par le Premier ministre Anutin Charnvirakul, ne portait pas sur une mesure isolée, mais sur une feuille de route qui touche l’investissement, l’industrie et les services publics.

Pour les Français installés sur place, ce plan donne surtout une grille de lecture. Il montre les secteurs que les autorités veulent pousser, et les administrations qu’elles veulent rendre moins lentes dans leurs procédures.

Un objectif de compétitivité mondiale fixé à 2030

Le gouvernement vise le top 20 mondial de la compétitivité d’ici 2030. Il veut aussi relever le potentiel de croissance au-delà de 3 %, contre une estimation actuelle de 2,7 %.

L’écart paraît limité sur le papier, mais il résume la logique du programme. Les autorités cherchent à obtenir davantage d’activité sans dépendre d’un seul secteur ni d’un seul type d’investissement.

Le ministre des Finances et vice-Premier ministre Ekniti Nitithanprapas participe à cette orientation. Pour vous qui travaillez, entreprenez ou préparez une installation, le signal est clair : l’État veut attirer des projets jugés capables de faire monter la productivité.

La compétitivité reste un mot large. Ici, elle prend des formes très concrètes : réseaux d’électricité et d’eau, énergie propre, services numériques, formation et règles plus adaptées aux activités nouvelles.

Thailand Fast Pass : un guichet unique pour les investisseurs

Le programme Thailand Fast Pass est présenté comme un guichet unique destiné aux investisseurs. L’idée est de regrouper les démarches plutôt que de laisser chaque projet naviguer entre plusieurs portes administratives.

Le dispositif ne détaille pas, à ce stade, les conditions d’accès ni les procédures concernées. Mais son apparition dans la stratégie montre que la rapidité administrative est traitée comme un sujet économique, pas comme un simple confort.

Pour un Français qui envisage une activité locale, cela mérite d’être suivi sans imaginer des droits automatiques. Un guichet unique peut simplifier un parcours, mais il ne remplace pas les règles propres à chaque projet.

Pourquoi l’eau et l’électricité figurent-elles dans le même plan ?

Les priorités d’infrastructure couvrent l’électricité, l’eau, les énergies propres et la transformation numérique. Ces quatre chantiers répondent à la même question : rendre possible une activité industrielle et de services plus ambitieuse.

Le programme ne sépare donc pas le numérique des infrastructures physiques. Pour vous, cela évite une lecture trop étroite du mot « technologie » : les autorités lient les outils numériques à des réseaux capables de les soutenir.

Le projet Saraburi Sandbox illustre cette approche sur le terrain industriel. Il concerne la décarbonation de l’industrie, donc la volonté de réduire la place des activités les plus polluantes dans la croissance recherchée.

Sept secteurs choisis pour changer le profil de l’économie

La stratégie cite sept secteurs stratégiques. Ce choix dessine une économie qui veut garder une base productive, mais aussi gagner du terrain dans les services, la santé et les activités liées au numérique.

L’agriculture et l’alimentation haut de gamme figurent dans la liste. Le gouvernement veut donc valoriser une production mieux positionnée, au lieu de limiter l’ambition économique aux seules activités urbaines ou technologiques.

Les véhicules de nouvelle génération et l’électronique intelligente liée à l’intelligence artificielle font aussi partie des priorités. Ces secteurs demandent des compétences techniques, des chaînes d’approvisionnement et des règles capables de suivre leur rythme.

Vous croiserez probablement ces thèmes dans les annonces d’investissement et de formation. Leur présence dans le plan ne garantit pas un résultat, mais elle indique les domaines que l’État veut soutenir sur la durée.

La santé et le tourisme de bien-être entrent-ils dans la même logique ?

Oui, car les produits pharmaceutiques, les services de santé et le tourisme de bien-être sont eux aussi cités. Le rapprochement peut sembler large, mais il vise des activités où les services et les produits à forte valeur ajoutée avancent ensemble.

Le commerce, la logistique et l’économie créative complètent cette sélection. Le plan cherche ainsi à relier la fabrication, la circulation des biens et les services destinés à une clientèle plus large.

Ce parti pris est cohérent avec l’objectif de revenu élevé. Une économie ne monte pas de catégorie par un slogan ; elle doit aussi améliorer les activités qui transportent, transforment et vendent ce qu’elle produit.

Des services publics numériques et des règles à moderniser

Le quatrième axe prévoit la numérisation des services publics, davantage de transparence, la lutte contre la corruption et une meilleure gestion des actifs publics. C’est la partie la moins spectaculaire du plan, mais elle touche directement la relation entre administration, entreprises et habitants.

Vous ne verrez pas forcément ces changements d’un seul coup au guichet. La promesse porte sur des procédures plus lisibles et sur une action publique davantage outillée, pas sur une annonce ponctuelle.

Les autorités veulent aussi moderniser le cadre juridique, développer l’intelligence artificielle et renforcer les compétences. Elles prévoient d’améliorer l’enseignement STEM, ainsi que le soutien à la recherche et aux start-ups.

Le mot STEM renvoie aux sciences, à la technologie, à l’ingénierie et aux mathématiques. Dans ce plan, la formation sert un objectif simple : disposer de personnes capables de travailler dans les secteurs sélectionnés.

Enfin, le gouvernement veut accélérer la signature de nouveaux accords de libre-échange. Cette dimension complète le reste : produire davantage ne suffit pas si les entreprises ne disposent pas de débouchés extérieurs.

La feuille de route ne promet pas une transformation immédiate. Elle fixe plutôt une direction jusqu’en 2038 : investir dans des réseaux plus solides, former davantage et rendre l’État plus lisible. Pour les Français sur place, le plus utile sera de suivre les mesures qui passeront réellement du plan aux démarches quotidiennes.