Rénovation et équipement : les achats que les ménages thaïlandais repoussent

En juin 2026, l’indice de consommation privée a progressé de 4,9 % sur un an, mais les achats lourds restent souvent remis à plus tard. Pour un Français installé en Thaïlande, ce décalage aide à lire le marché autour de lui sans en tirer de règle personnelle.
La consommation avance, mais à un rythme moins soutenu qu’avant. Après 2,7 % en 2025, contre 4,4 % en 2024, la prévision reste fixée à 2,6 % pour 2026 puis 1,4 % pour 2027.
62 % des répondants hésitent devant un logement ou un véhicule
Une enquête Ipsos publiée en mai 2026 indique que 62 % des répondants se sentaient moins à l’aise pour un achat majeur, comme un logement ou un véhicule. Le chiffre ne décrit pas chaque ménage, mais il montre où se place la retenue : dans les engagements qui pèsent longtemps.
Cette prudence coexiste avec une consommation qui continue de croître. Vous pouvez donc voir des dépenses quotidiennes se maintenir, tandis que rénovation, équipement durable ou projet immobilier attendent davantage.
La confiance des consommateurs donne le même signal, avec un indice de 49,5 en mai 2026, puis 50,7 en juin. La remontée existe, mais elle ne transforme pas automatiquement une intention d’achat en signature de crédit.
La dette des ménages reste concentrée sur le logement et l’automobile
Au premier trimestre 2026, l’encours total des prêts aux ménages atteignait 16 410 350 millions de bahts. Il était de 16 441 620 millions de bahts au trimestre précédent, ce qui traduit un encours presque stable plutôt qu’un redémarrage franc.
Le logement représentait 45 % de la dette des ménages au premier trimestre 2026. Les prêts personnels comptaient pour 31 %, les crédits automobiles pour 16 % et les cartes de crédit pour 8 %.
Cette répartition éclaire la prudence sur les dépenses d’équipement ou de rénovation. Quand une grande part des remboursements est déjà liée au logement et à la voiture, un achat supplémentaire peut être repoussé. Cela vaut même si les dépenses courantes continuent.
Pourquoi la baisse des prêts ne signifie pas que tout va mieux ?
La croissance annuelle des prêts automobiles était de −1,0 % au premier trimestre 2026, et celle des prêts immobiliers de −1,1 %. Les prêts personnels reculaient aussi de 0,7 %, tandis que les prêts par carte de crédit progressaient de 1,0 %.
Ces évolutions ne racontent pas une seule histoire. Vous devez distinguer le crédit qui finance un achat lourd, comme un véhicule ou un bien, de la carte utilisée pour une dépense plus immédiate.
Les prix pèsent plus fort sur les loisirs et les soins personnels
Une analyse de la banque centrale associe une hausse de prix de 1 % à une baisse de consommation réelle de 1 % à 2 % pour les soins personnels et les loisirs. L’effet peut durer d’un à deux trimestres.
Ces deux postes pesaient respectivement 2 % et 3 % de la consommation totale en 2025. Leur faible poids n’empêche pas une réaction rapide des ménages, car ils peuvent être ajustés plus facilement qu’un remboursement de logement.
Pour les hôtels et restaurants, le carburant, les boissons non alcoolisées et le tabac, ainsi que les communications, l’effet mesuré va de −0,3 % à −0,6 % après une hausse de prix de 1 %. Il peut s’étaler d’un à six trimestres.
Les hôtels et restaurants représentaient 25 % de la consommation totale de 2025. Le carburant en pesait 5 %, les boissons non alcoolisées et le tabac 4 %, et les communications 2 %.
43,218 milliards de bahts, mais la moitié part dans l’alimentation
En juin 2026, le programme Thais Help Thais Plus avait enregistré 43,218 milliards de bahts de dépenses cumulées. L’alimentation et les boissons en représentaient 50 %.
Le contraste est net : les dépenses se font, mais elles vont d’abord vers ce qui sert au quotidien. Pour vous, cela évite de confondre l’activité visible dans les commerces avec un retour général des achats reportés.
Le crédit dégradé reste un frein à surveiller
Les créances douteuses sur les crédits à la consommation atteignaient 4,0 % au premier trimestre 2026. Le programme Pid Nee Wai Pai Tor Dai vise les débiteurs de détail dont les créances douteuses restent inférieures à 100 000 bahts.
Au 31 mai 2026, les nouveaux prêts approuvés dans ce cadre totalisaient 5 400 millions de bahts. Le dispositif montre que la question du remboursement reste présente derrière les arbitrages de consommation.
Le marché thaïlandais ne se résume donc ni à une baisse générale ni à une reprise sans réserve. Les dépenses du quotidien circulent, mais logement, voiture, rénovation et équipement restent exposés à la dette, à la confiance et aux prix. Ces trois éléments peuvent différer tout achat difficile à absorber.




