La Thaïlande change ses règles de visa : ce qu’un Français doit savoir avant de partir

Depuis le 15 septembre 2026, un passeport ordinaire français n’ouvre plus que 30 jours de séjour touristique sans visa en Thaïlande, contre 60 jours auparavant. La France reste sur la liste des pays exemptés, la porte n’est pas fermée. Mais la fenêtre a été divisée par deux, et l’exemption vaut pour le tourisme uniquement.
Pour trois semaines de vacances, vous ne verrez aucune différence. Pour un hivernage, un séjour famille ou un long repérage avant installation, le calcul n’est plus le même. Et c’est là que les erreurs commencent, parce qu’on continue de raisonner avec l’ancienne durée.
Trente jours sur le tampon d’entrée, et pas un jour de plus
La règle officielle demande de vérifier deux choses au moment du contrôle : la date maximale autorisée inscrite sur le tampon d’entrée, et le nombre d’entrées accordées. Ce réflexe de dix secondes, la plupart des voyageurs ne le font jamais. Ils sortent du poste, rangent le passeport, et découvrent le problème six semaines plus tard.
Le tampon fait foi, davantage qu’un message lu sur un forum ou que le souvenir du dernier voyage d’un ami. Regardez la date pendant que vous êtes encore devant le guichet. C’est le seul moment où une erreur de saisie se corrige facilement.
Et si vous êtes entré avant le 15 septembre 2026 ?
Les voyageurs arrivés avant cette date avec une autorisation de 60 jours conservent la durée qui leur a été accordée à l’entrée. Le nouveau cadre ne rétroagit pas sur un séjour déjà commencé. Votre tampon reste votre référence, même s’il affiche une durée que l’on ne délivre plus aujourd’hui.
Au-delà de 30 jours : extension sur place, visa depuis l’étranger
Un dépassement de la durée autorisée peut entraîner une amende et, faute d’extension obtenue auprès de l’immigration thaïlandaise, éventuellement une expulsion. La menace reste concrète : c’est la conséquence administrative normale d’un séjour non régularisé.
Pour un séjour de plus de 60 jours, un visa devient obligatoire. Et il se demande avant de partir : les visas touristiques sont délivrés par les consulats de Thaïlande à l’étranger, pas sur le territoire thaïlandais. Si vous comptez rester une saison, la démarche se fait donc en France, pas une fois installé à Sukhumvit avec vos valises défaites.
Le visa run est illégal, et l’overstay se paie en années
Les allers-retours vers un pays limitrophe pour prolonger un séjour sans visa, ce que tout le monde appelle le « visa run », sont indiqués comme illégaux dans les recommandations officielles françaises. C’est la pratique la plus répandue chez les nouveaux arrivants, et la plus mal comprise. On la présente comme une astuce de débrouillard.
C’est une infraction.
L’échelle des sanctions en cas d’overstay mérite qu’on la regarde en face. Pour une personne qui se signale elle-même : plus de 90 jours de dépassement, un an d’interdiction de territoire ; plus d’un an, trois ans ; plus de trois ans, cinq ans ; plus de cinq ans, dix ans.
Pour une personne arrêtée, la note grimpe d’un cran : moins d’un an de dépassement entraîne cinq ans d’interdiction, plus d’un an en vaut dix. Se présenter de soi-même coûte donc nettement moins cher que d’être contrôlé. Quand on compare les deux colonnes, le message des autorités est difficile à rater.
Deux entrées terrestres par année civile, l’avion non concerné
Autre point que beaucoup découvrent au poste-frontière : les entrées sans visa par voie terrestre sont limitées à deux passages par année civile. Au-delà, un visa est exigé sur place pour franchir la frontière.
Cette limite ne s’applique pas au nombre de déplacements par voie aérienne. Si vous vivez dans la région et que vous faites des sauts fréquents vers le royaume, vous avez donc tout intérêt à compter vos passages terrestres. Deux, c’est vite atteint.
Passeport valide six mois et 20 000 bahts en espèces
Deux contrôles peuvent tomber à l’arrivée, indépendamment de votre durée de séjour. Le premier : le passeport doit être valide au moins six mois à compter de la date d’entrée. Un document qui expire dans cinq mois vous fera refouler avant même l’embarquement.
Le second est plus rarement appliqué, mais il existe bel et bien. Les services thaïlandais de l’immigration peuvent demander la présentation de l’équivalent de 20 000 THB par personne, en espèces. Cette somme doit pouvoir être montrée, et pas seulement dormir sur un compte.
Un passeport déclaré perdu peut-il encore servir ?
Non. Un passeport signalé comme perdu ou volé est considéré comme invalide. Son détenteur se verra refuser l’entrée ou la sortie par la police thaïlandaise de l’immigration.
Le cas classique : vous déclarez la perte, vous retrouvez le document, vous repartez avec. Mauvaise idée, le signalement reste actif dans les fichiers.
La TDAC, obligatoire depuis le 1er mai 2025, à remplir trois jours avant
Depuis le 1er mai 2025, la Thailand Digital Arrival Card est obligatoire pour tous les ressortissants étrangers entrant par voie aérienne, terrestre ou maritime. Elle concerne les touristes, les voyageurs d’affaires comme les résidents de longue durée. Vivre ici depuis dix ans ne vous en dispense pas.
Elle se remplit en ligne dans les trois jours précédant l’arrivée, sur tdac.immigration.go.th. C’est la seule adresse à utiliser. Les sites qui proposent de la remplir à votre place contre paiement prospèrent précisément sur cette confusion.
Deux exceptions sont prévues : les voyageurs en transit sans passage par le contrôle de l’immigration, et ceux qui entrent avec un Border Pass.
Pourquoi le royaume a resserré l’exemption
Le cadre révisé met fin à l’exemption de 60 jours qui valait pour 93 pays et territoires. Les décomptes publiés sur la nouvelle liste à 30 jours ne concordent pas complètement d’une communication à l’autre, entre 59, 65 et 60 pays et territoires selon les versions. Ces dernières incluent les 27 États de l’Union européenne.
L’écart reste à clarifier.
Le motif avancé par les autorités thaïlandaises, lui, est constant : prévenir les abus liés aux privilèges de visa, en tenant compte de considérations économiques, de sécurité, de relations internationales et de réciprocité. D’autres ajustements accompagnent la réforme. On y trouve un visa à l’arrivée pour l’Azerbaïdjan, le Bélarus et la Serbie, sa suppression pour les ressortissants indiens maintenant intégrés à l’exemption, et un séjour touristique sans visa de 15 jours pour l’île Maurice et les Seychelles.
Le détail des conditions d’entrée et de séjour figure dans les conseils aux voyageurs pour la Thaïlande.
Trente jours, ça passe vite. Regardez votre tampon à la sortie du guichet, comptez vos jours dès le premier soir. Et si votre programme dépasse le mois, réglez la question avant de partir plutôt qu’au comptoir d’un poste-frontière.
C’est toujours moins cher que l’amende.



