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Bangkok, Chon Buri, Rayong : les pôles visés par les nouveaux centres de données

Bangkok, Chon Buri, Rayong

1,37 trillion de bahts d’investissements étrangers ont été demandés en Thaïlande au premier semestre 2026. Dans ce mouvement, les centres de données prennent une place visible, avec Bangkok, Chon Buri et Rayong parmi les pôles cités pour accueillir de nouveaux projets.

Pour les Français installés dans le pays, le sujet dépasse l’image un peu abstraite de l’intelligence artificielle. Il dessine les zones où se concentrent les infrastructures numériques, l’électricité et l’eau nécessaires à leur fonctionnement.

De 20 MW à plus de 300 MW : l’échelle des projets change

Les projets annoncés ou en préparation vont d’installations d’environ 20 mégawatts à des campus susceptibles de dépasser 300 MW. L’écart donne une idée du changement de taille : il ne s’agit plus seulement de locaux techniques isolés, mais de sites conçus pour absorber des besoins très élevés.

CBRE Asie-Pacifique classe la Thaïlande parmi les marchés qui progressent le plus vite dans la région, avec l’Indonésie. Si vous travaillez dans le numérique ou cherchez à comprendre les investissements qui arrivent dans le pays, cette concentration mérite d’être suivie de près.

Pourquoi l’IA pèse autant sur ces installations ?

Oxford Economics indique que les infrastructures dédiées à l’IA demandent plus d’électricité et des systèmes de refroidissement plus performants que les centres traditionnels. Le mot « IA » recouvre donc une contrainte très matérielle : alimentation électrique, machines et refroidissement doivent tenir ensemble.

Cette pression explique le filtrage que le gouvernement prépare pour les nouveaux dossiers. Les projets devront être regardés à travers la disponibilité électrique, la gestion de l’eau, la protection de l’environnement et leurs bénéfices pour l’économie thaïlandaise.

Bangkok, Chon Buri, Rayong : la carte se déplace vers l’Est

CBRE cite ces trois destinations parmi les lieux attractifs pour de nouveaux investissements. Le choix de l’Est ne relève pas du hasard : environ 70 % des investissements actuels se situent dans l’Eastern Economic Corridor.

Ce corridor dispose d’infrastructures modernes et d’une connectivité adaptée aux installations de grande capacité. Vous n’avez pas besoin d’être ingénieur pour saisir l’enjeu : un site aussi lourd dépend d’un réseau capable de faire circuler beaucoup d’électricité et de données sans rupture.

Bangkok reste un point d’ancrage majeur. En 2024, la capacité des centres de données de la capitale a augmenté de 1,7 GW en un an, pour atteindre 2,6 GW.

Ce chiffre ne décrit pas une promesse lointaine. Il montre que la montée en puissance était déjà engagée avant les annonces les plus récentes sur le cloud et l’intelligence artificielle.

Le numérique concentre plus des trois quarts des demandes d’investissement

Au premier semestre 2026, le Board of Investment a reçu 1 299 demandes, pour un total de 1,47 trillion de bahts. Parmi elles, 877 projets visaient l’investissement direct étranger.

Le secteur numérique a représenté 1,12 trillion de bahts, soit plus des trois quarts de l’ensemble. Les centres de données ne résument donc pas toutes les ambitions numériques du pays, mais ils en constituent une pièce lourde par leurs besoins physiques.

Les demandes d’investissements étrangers atteignent, elles, 1,37 trillion de bahts, soit une hausse de 80 % sur un an. Vous pouvez y voir un signal clair : les projets technologiques sont maintenant traités comme un volet industriel, avec des réseaux, des terrains, de l’énergie et des règles à tenir.

Microsoft place le cloud et l’IA sur un calendrier précis

Fin mars, Microsoft a annoncé plus d’un milliard de dollars d’investissement dans les infrastructures cloud et IA entre 2026 et 2028. L’annonce évoque aussi environ 35 milliards de bahts.

Ce calendrier aide à comprendre pourquoi les autorités veulent encadrer les nouvelles implantations avant que les capacités réservées ne dépassent les ressources disponibles. Une garantie bancaire par mégawatt réservé est prévue, tandis qu’un tarif électrique propre aux data centers est à l’étude.

L’eau et l’électricité deviennent le filtre des prochains campus

La Banque mondiale identifie les inondations, les sécheresses et la pollution des ressources hydriques parmi les défis du pays. Or les infrastructures liées à l’IA utilisent davantage d’électricité et réclament un refroidissement plus performant : le contrôle de l’eau ne peut pas rester un détail administratif.

Le futur filtrage des projets va dans ce sens. Vous aurez intérêt à distinguer les annonces d’investissement des implantations effectivement validées, car la capacité énergétique et la gestion de l’eau pèseront dans l’examen des dossiers.

À l’échelle nationale, la capacité est estimée à passer de 350 MW en 2024 à environ 1 GW en 2027. Les investissements associés au secteur sont évalués à environ 6,5 milliards de dollars sur trois ans.

La Thaïlande attire des campus numériques de plus en plus grands, mais elle refuse de les laisser pousser sans garde-fous. Pour les expatriés, le sujet se lit moins dans les slogans sur l’IA que dans cette carte concrète : l’Est, l’énergie disponible, l’eau à protéger. Des projets qui devront prouver leur place.